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    Poèmes et textes choisis

    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Jeu 19 Fév 2009 - 0:54

    Voilà, j'ouvre un petit sujet dans le flood (je ne vois pas où je pourrais le faire) pour vous présenter des textes que j'aime, poèmes, extraits de romans, de pièces de théâtre etc.
    Je suis une littéraire avant tout, et je tiens à vous faire découvrir mes "coups de cœur textuels".
    Le premier texte est une spéciale dédicace à Fura, parce que je sais qu'elle aime beaucoup ce texte. C'est un extrait d'une pièce de théâtre lyrique d'Olivier Py.


    Dernière édition par Gabriel le Jeu 19 Fév 2009 - 1:04, édité 1 fois
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Jeu 19 Fév 2009 - 1:03

    J'ai vu les souverains réchauffer leur incrédulité au feu du volcan, j'ai vu le poète couronné par la foule mais qui cachait ses mains ensanglantées, j'ai vu la prière d'une femme pauvre qui ne demandait rien, au-dessus d'elle ce ciel noir qui défait les écritures, j'ai vu les soirées d'ivresse éclairées par les autodafés, j'ai vu le guerrier cul-de-jatte accrocher sa médaille de fer avec la fierté d'un jeune marié, j'ai vu les pouvoirs rêver de la pureté des jours anciens, j'ai vu les monarques pleurer sur l'innocence perdue et serrer leur silice sous le manteau des mensonges, j'ai vu les chapelles de bois peintes en blanc et j'ai entendu les chants d'espoir indifférents au déluge de feu, j'ai vu tant de conspirateurs et tant de poignards d'argent qu'on aurait dit les lueurs de la mer, j'ai vu le mal courir librement dans la prairie et je l'ai trouvé beau, beau, si beau que je me suis évanoui, ai-je murmuré malgré moi une oraison ? J'ai vu l'histoire mendier à la porte des palais une obole de pardon, j'ai voulu l'injurier, mais aucun mot n'est sorti de ma bouche.
    J'ai vu une jeune femme se baigner nue parmi les immondices, j'ai vu mourir l'enfant et j'ai vu la ville s'illuminer de fanaux rouges pour fêter la mort du Dictateur et la gloire d'un nouvel usurpateur. J'ai vu tout cela.
    Et je ne crois plus en rien.


    Dernière édition par Gabriel le Jeu 19 Fév 2009 - 1:14, édité 3 fois
    Fura
    Fura
    FémininAge : 34Messages : 5881

    Jeu 19 Fév 2009 - 1:06

    Les Vainqueurs :)
    Mirci pour le clin d'œil^^
    ça fait du bien re relire ça... pas mal de souvenirs aussi sur l'époque ou tu en parlais tout le temps :p
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Jeu 19 Fév 2009 - 1:18

    Ah oui ! Souvenirs souvenirs ! Very Happy
    J'ai la nostalgie de cette époque où l'on savait vivre... oh pardon, encore une phrase de la même pièce ! ^^
    Même si j'en parle beaucoup moins, elle reste toujours dans mon cœur, et je la relis, ou la revois de temps en temps... Et ça fait du bien.
    Aporia
    Aporia
    MasculinAge : 33Messages : 408

    Jeu 19 Fév 2009 - 1:26

    Quel magnifique texte, merci bien Wink

    Je me permet de poster un texte aussi agréable et qui me touche , à plusieurs titres:





    Extrait du portrait de Dorian gray



    ………………………………………..............................................................................


    - Eh ! qu'importe ? s'exclama gaiement Dorian Gray, en prenant place sur le banc, tout au fond du jardin.


    - Il importe beaucoup pour vous, monsieur Gray.


    - Pourquoi ?


    - Parce que vous possédez la plus merveilleuse jeunesse, et que la jeunesse est le seul bien digne d'envie.


    - Je n'ai pas cette impression.


    - Non, vous n'avez pas cette impression pour le moment. Mais un jour viendra où vous serez vieux, laid, décrépit, où la pensée aura labouré votre front de ses sillons arides, et la passion flétri vos lèvres de ses odieux tisons ; ce jour-là vous l'aurez cette impression, dans toute son horreur. À présent, où que vous alliez, votre charme rayonne sur le monde. En sera-t-il ainsi toujours ?... Vous avez un visage d'une extraordinaire beauté, monsieur Gray. Ne froncez pas les sourcils.


    C'est un fait. Or la Beauté est une des formes du Génie. Que dis-je ? Elle surpasse même le Génie, n'ayant pas comme lui à se démontrer. Elle est une des réalités suprêmes de ce monde, comme l'éclat du soleil, comme l'éveil du printemps, comme le reflet dans une eau sombre de cette conque d'argent qu'on appelle la lune. La Beauté ne se discute pas. Elle règne de droit divin. Elle fait prince quiconque la possède. Vous souriez ? Ah ! vous ne sourirez plus, quand vous l'aurez perdue.


    On dit parfois que la Beauté est toute superficielle. Peut-être. Moins superficielle, en tout cas, que la Pensée. À mon sens, la Beauté est la merveille des merveilles. Il n'y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l'invisible... Oui, monsieur Gray, les dieux vous ont été bienveillants. Mais, ce qu'ils donnent, les dieux sont prompts à le reprendre. Vous n'avez que bien peu d'années à jouir vraiment, parfaitement et pleinement, de la vie. Voire jeunesse s'en ira, votre beauté avec elle, et vous découvrirez tout à coup qu'il faudra faire votre deuil des triomphes, ou bien vous contenter de triomphes médiocres, rendus plus amers que des défaites par le souvenir glorieux du passé. Chaque mois qui s'évanouit vous rapproche d'une horrible épouvante. Le Temps vous jalouse et guerroie contre vos lis et vos roses. Un jour votre teint sera blême, vos joues hâves, vos yeux ternes. Vous souffrirez abominablement, Ah ! tant que la jeunesse est à vous, demandez-lui tout ce qu'elle peut donner. Ne dissipez pas l'or de vos jours.


    N'allez pas écouter des fadaises, rêver le soulagement d'irrémédiables infortunes, vous consacrer au service d'êtres vils, ignorants et vulgaires. Voyez là le rêve maladif, le faux idéal de notre temps. Vivez ! Vivez la vie merveilleuse qui est en vous ! Que rien de votre être ne soit perdu.


    Soyez sans cesse à l'affût de sensations nouvelles. Ne reculez devant rien!... Un nouvel hédonisme ; voilà ce qu'attend notre siècle. Pourquoi n'en seriez-vous pas le visible Symbole ? Riche de tels dons personnels, il n'est rien que vous ne puissiez faire. Pour une saison, le monde est à vous. Dès l'instant où je vous rencontrai, je compris que vous n'aviez pleinement conscience ni du prodige que vous êtes, ni du prodige que vous pourriez être. Tant de choses me charmaient en vous, que je me sentis impérieusement poussé à vous parler un peu de vous-même. Quelle catastrophe, pensais-je, si tant d'attraits allaient être perdus ! Il est si court, le temps que durera votre jeunesse ! Hélas ! il est si court ! Les simples fleurs de la colline se fanent, mais pour refleurir. Ce cytise, quand juin reviendra, sera blond tout comme aujourd'hui. Dans un mois, cette clématite sera couverte d'étoiles de pourpre, et d'année en année les mêmes étoiles de pourpre illumineront la nuit glauque de son feuillage. Mais nous, jamais nous ne retrouverons la jeunesse. Le pouls, qui bat à vingt ans d'une fièvre joyeuse, peu à peu se ralentit. Nos membres fléchissent, nos sens se délabrent. Nous ne sommes plus bientôt que de hideuses marionnettes qu'obsède le souvenir des passions dont nous eûmes sottement peur, et des tentations exquises auxquelles nous n'eûmes pas le courage de céder. La jeunesse ! la jeunesse! Il n’y a rien, absolument rien au monde, que la Jeunesse ! »

    ……………………………..........................................................................................



    Oscar Wilde



    Poèmes et textes choisis 86215468

    La beauté n'a pas besoin de la futilité des mots, le sens même suinte à n'en plus finir sans aucunes aides extérieures

    Shuyan
    Shuyan
    FémininAge : 34Messages : 245

    Jeu 19 Fév 2009 - 15:58

    Ca faisait drolement longtemps, le portrait de Dorian Gray. Bref merci à vous de poster des extraits, la lecture étant ma première passion (oui oui, ça passe avant le graph==> pas taper ), mais malheureusement je suis en manque depuis un an déjà (foutu taf==> nan je déconne, ou peut-etre pas, à demi? que sais-je?), ça me fait un bien fou de lire des extraits,

    merci.




    Poèmes et textes choisis Ange1
    Poèmes et textes choisis 4ab499dd33c13userlogoph
    Cuisinière des fantochs...bah faut les nourrir les braves petits. Hein, quoi ça ne mange pas un phantom?? O_o Bah ça c'est ce que vous croyiez mes mignons... Mais que mangent-ils? Ah, ça c'est une autre histoire...


    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Mer 18 Mar 2009 - 16:59

    Superbe extrait Gabriel, rien d'autre à dire, j'en baverais presque...(c'est ironique hein! N'empêche que c'est super :)

    Personnellement je suis plus dans une période poèmes en ce moment =)
    (héhé vu qu'au collège personne n'en lit je peux squatter tous les livres que j'veux c'est bien hein? Cool //SBAF//)

    j'adore les fleurs du Mal, de Charles Baudelaire, mais là c'est pas un extrait mais le livre entier que je mettrais! xD

    à voir ici si ça vous intéresse :p ==>http://baudelaire.litteratura.com/les_fleurs_du_mal.php

    Sinon j'adore aussi Alfred de Musset, particulièrement la fin de son poème "à la Malibran" :p

    >>

    Ne sentais-tu donc pas que ta belle jeunesse
    De tes yeux fatigués s'écoulait en ruissaux,
    Et de ton noble coeur, s'exhalait en sanglots?
    Quand de ceux qui t'aimaient tu voyais la tristesse,
    Ne sentais-tu donc pas qu'une fatale ivresse
    Berçait ta vie errante à ses derniers rameaux?

    Oui, oui, tu le savais, et que, dans cette vie,
    Rien n'est bon que d'aimer, rien n'est vrai que de souffrir,
    Tu connaissais le monde, et la foule et l'envie,
    Et, dans ce corps brisé concentrant ton génie,
    tu regardais aussi la Malibran mourir.


    <<

    *O* (désolée, pas pu m'enmpêcher de le mettre lui xD)

    bref, je sors ^^


    Dernière édition par Mao Hinata le Mer 18 Mar 2009 - 17:47, édité 1 fois



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Mer 18 Mar 2009 - 17:28

    Nan nan, ne sors pas !!
    J'aime beaucoup l'écriture d'Alfred de Musset, notamment au niveau théâtral, mais je ne savais pas qu'il avait fait des poèmes ! Et cet extrait est magnifique !
    As-tu la référence du livre ?

    ( Quand j'aurais un peu plus de temps, je retranscrirais des poèmes de mon poète favori : Arthur Rimbaud ^^ )
    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Mer 18 Mar 2009 - 17:46

    Je ne sais pas de quel livre vient ce poème, car je l'ai lu lu dans un recueil "^^
    ( "la musique en poème" ne me demande pas le rapport musical je ne l'ai pas trouvé non plus xD)

    C'est vrai que Musset a fait de très belles oeuvres théâtrales aussi ^^ (d'ailleurs, il me semble qu'il a d'abord commencé les poèmes, puis le théâtre et ensuite les deux si j'me rappelle bien =)

    (waaah, Rimbaud j'aime bien aussi :p)



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Mer 18 Mar 2009 - 18:17

    Un poème très court de Rimbaud, que j'aime beaucoup :


    J'ai tendu des cordes de clocher à clocher
    Des guirlandes de fenêtre à fenêtre
    Des chaînes d'or d'étoile à étoile
    Et je danse.
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Ven 20 Mar 2009 - 2:08

    Et enfin le voici, mon préféré de Rimbaud !
    Il est assez long et encore il est raccourci, c'est la version que j'avais jouée pour le théâtre ^^


    Nuit de l'enfer

    J'ai avalé une fameuse gorgée de poison. - Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé ! - Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier. C'est l'enfer, l'éternelle peine ! Voyez comme le feu se relève ! Je brûle comme il faut.
    Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damné, n'est-ce pas ? Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre. Pauvre innocent ! L'enfer ne peut attaquer les païen. - C'est la vie encore ! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine.
    Tais-toi, mais tais-toi !... C'est la honte, le reproche, ici : Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma colère est affreusement sotte. - Assez !... Des erreurs qu'on me souffle, magies, parfums faux, musiques puériles.
    Ah ! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, à cette heure.
    Ah ça ! l'horloge de ma vie s'est arrêtée tout à l'heure. Je ne suis plus au monde. - La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas - et le ciel en haut.
    Je vais dévoiler tous mes mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories.
    Écoutez !...
    J'ai tous les talents ! Veut-on des chants nègres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge à la recherche de l'anneau ? Veut-on ? Je ferai de l'or, des remèdes.
    Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, - même les petits enfants, - que je vous console, qu'on répande pour vous son cœur, - le cœur merveilleux ! Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux.
    Ceci me fait peu regretter le monde. Ma vie ne fut que folies douces, c'est regrettable.
    Décidément nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu.
    Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, - et l'enfer de la caresse ; un concert d'enfers.
    Je meurs de lassitude. C'est le tombeau, je m'en vais aux vers, horreur de l'horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame ! un coup de fourche, une goutte de feu.
    Ah ! remonter à la vie ! Jeter les yeux sur nos difformités.
    Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruauté du monde ! Mon Dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal ! - Je suis caché, et je ne le suis pas.
    C'est le feu qui se relève avec son damné.
    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Ven 20 Mar 2009 - 10:41

    Waow!Je connaissais peu Rimbaud (juste ce que j'avais étudié en cours..'--) mais là franchement, j'avoue que je suis stupéfaite!Ce texte est juste génial, un vrai plaisir à lire !(pourquoi les profs ils nous font jamais lire ça...? T.T)

    Tu pourrais me passer la version longue, si tu l'as? ^^

    merci pour l'extrait en tout cas =)



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Dim 12 Avr 2009 - 19:42

    Ça fait longtemps... Voici un poème de Boris VIAN.

    Le temps de vivre

    Il a dévalé la colline
    Ses pieds faisaient rouler des pierres
    Là-haut entre les quatre murs
    La sirène chantait sans joie

    Il respirait l’odeur des arbres
    Avec son corps comme une forge
    La lumière l’accompagnait
    Et lui faisait danser son ombre

    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Il sautait a travers les herbes
    Il a cueilli deux feuilles jaunes
    Gorgées de sève et de soleil

    Les canons d’acier bleu crachaient
    Des courtes flammes de feu sec
    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Il est arrivé près de l’eau

    Il y a plongé son visage
    Il riait de joie il a bu
    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Il s’est relevé pour sauter

    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Une abeille de cuivre chaud
    L’a foudroyé sur l’autre rive
    Le sang et l’eau se sont mêlés

    Il avait eu le temps de voir
    Le temps de boire à ce ruisseau
    Le temps de porter à sa bouche
    Deux feuilles gorgées de soleil

    Le temps de rire aux assassins
    Le temps d’atteindre l’autre rive
    Le temps de courir vers la femme
    Il avait eu le temps de vivre
    avatar
    Elwine
    FémininAge : 29Messages : 246

    Lun 13 Avr 2009 - 21:10

    Il est magnifique mes mon coeur bat pour Le dormeur du Val de RIMBAUD ou encore pour Liberté de Paul ELUARD.

    Liberté
    Sur mes cahiers d'écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable de neige
    J'écris ton nom

    Sur les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J'écris ton nom

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J'écris ton nom

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l'écho de mon enfance
    J'écris ton nom

    Sur tous mes chiffons d'azur
    Sur l'étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J'écris ton nom

    Sur les champs sur l'horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J'écris ton nom

    Sur chaque bouffées d'aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J'écris ton nom

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l'orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J'écris ton nom

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J'écris ton nom

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J'écris ton nom

    Sur la lampe qui s'allume
    Sur la lampe qui s'éteint
    Sur mes raisons réunies
    J'écris ton nom

    Sur le fruit coupé en deux
    Du miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J'écris ton nom

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J'écris ton nom

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J'écris ton nom

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J'écris ton nom

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attendries
    Bien au-dessus du silence
    J'écris ton nom

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J'écris ton nom

    Sur l'absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J'écris ton nom

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l'espoir sans souvenir
    J'écris ton nom

    Et par le pouvoir d'un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer


    Paul Eluard
    in Poésies et vérités, 1942




    Poèmes et textes choisis 090413102941415983
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Lun 13 Avr 2009 - 22:10

    Joli !
    Je ne le connaissais pas en entier, merci de l'avoir mis ^^
    avatar
    Elwine
    FémininAge : 29Messages : 246

    Lun 13 Avr 2009 - 22:14

    De rien. Et puis c'est sympa comme sujet.



    Poèmes et textes choisis 090413102941415983
    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Mar 28 Avr 2009 - 18:12

    Chouette texte Elwine ^^

    en voilà un que j'adore,même si c'est une chanson à la base Razz

    Gagnant perdant, de Noir désir. En le regardant de plus près, on remarque beaucoup de clins d'oeil à certains évènements récents Wink

    Spoiler:

    je vous recommande de l'écouter aussi, si ça vous intéresse Razz



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Mer 15 Juil 2009 - 22:32

    Quel dommage qu'un topic intéressant comme celui-ci coule! '^^

    D'ailleurs Elwine, j'ai étudié ce texte en cours, et quand on le 'décortique 'comme dit ma prof, c'est vrai qu'il est vraiment génial!

    Je me permets de rajouter quelques extraits de poèmes d'Alfred De Musset, un poète que j'affectionne tout particulièrement, sûrement celui qui me touche le plus avec Charles Baudelaire. Il a très souvent sur l'amour (notamment dans ses pièces de théâtre) et j'aime sa façon d'en parler, tout simplement... =)

    Spoiler:

    voilà, en espèrant que d'autres personnes apprécient aussi ces textes, ou en montrent ^^



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Gabriel
    Gabriel
    FémininAge : 34Messages : 7988

    Mar 24 Nov 2009 - 23:48

    Je dépoussière la couverture et je rouvre le livre !
    Avec un extrait radicalement différent des précédents, extrait de la pièce de théâtre Electre, de Jean Giraudoux, que j'avais joué au théâtre :


    LE MENDIANT. Il ne se passe rien, mais il vaut mieux que je vous sorte mon histoire maintenant... Dans cinq minutes, comme vous parlez, elle n'aura plus de sens du tout. C'est pour confirmer ce que vous dites ! De ces hérissons écrasés, vous en voyez des dizaines qui ont bien l'air d'avoir eu une mort de hérissons. Leur museau aplati par le pied du cheval, leurs piquants éclatés sous la roue, ce sont des hérissons crevés et c'est tout. Ils sont crevés, en raison de la faute originelle des hérissons, qui est de traverser les chemins départementaux ou vicinaux sous prétexte que la limace ou l'oeuf de perdrix a plus de goût de l'autre côté, en réalité pour y faire l'amour des hérissons. Cela les regarde. On ne s'en mêle pas. Et soudain vous en trouvez un, un petit jeune, qui n'est pas étendu tout à fait comme les autres, bien moins salement, la petite patte tendue, les babines bien fermées, bien plus digne, et celui-là on a l'impression qu'il n'est pas mort en tant que hérisson, mais qu'on l'a frappé à la place d'un autre, à votre place. Son petit oeil froid, c'est votre oeil. Ses piquants, c'est votre barbe. Son sang, c'est votre sang. Je les ramasse toujours ceux-là, d'autant plus que ce sont les plus jeunes, les plus tendres à manger. Passé un an, le hérisson ne se sacrifie plus pour l'homme. Vous voyez que j'ai bien compris. Les dieux se sont trompés, ils voulaient frapper un parjure, un voleur, et ils vous tuent un hérisson... Un jeune...
    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Dim 7 Fév 2010 - 16:57

    [rhaaa, je hais voir ce topic à l'agonie x) ]

    Il est plutôt original ce passage-là Gabriel, j'aime beaucoup :) j'ai lu peu de Giraudoux, mais je pense que je vais vite aller le lire, Electre tout du moins Wink

    Dépoussierage avec un incontournable du genre, et une poésie qui me touche beaucoup à chaque fois
    (comment ça, je ne mets que des poésies? C'pas faux, mais j'adore ça...un jour je mettrais d'autres textes, promis ^^)

    Il aimait la mort, et ses sombres promesses,
    Avenir incertain d'un garçon en détresse,
    Il voulait mourir, laisser partir sa peine,
    Oublier tous ces jours à la même rengaine...

    Elle aimait la vie, heureuse d'exister,
    Voulait aider les gens et puis grandir en paix,
    C'était un don du ciel, toujours souriante,
    Fleurs et nature, qu'il pleuve ou qu'il vente.

    Mais un beau jour, la chute commença,
    Ils tombèrent amoureux, mauvais choix,
    Elle aimait la vie et il aimait la mort,
    Qui d'entre les deux allait être plus fort?

    Ils s'aimaient tellement, ils auraient tout sacrifié,
    Amis et famille, capables de tout renier,
    Tout donner pour s'aimer, tel était leur or,
    Mais elle aimait la vie et il aimait la mort...
    Si différents et pourtant plus proches que tout,
    Se comprenant pour protéger un amour fou,
    L'un ne rêvait que de mourir et de s'envoler,
    L'autre d'une vie avec lui, loin des atrocités...

    Fin de l'histoire : obligés de se séparer,
    Ils s'étaient promis leur éternelle fidélité.
    Aujourd'hui, le garçon torturé vit pour elle,
    Puisque la fille, pour lui, a rendu ses ailes...

    Il aimait la mort, elle aimait la vie,
    Il vivait pour elle, elle est morte pour lui

    William Shakespeare

    et un autre d'Aragon "j'arrive où je suis étranger", pas son plus connu, pas non plus sur Elsa, mais magnifique je trouve ^^

    (long par contre, je spoile)
    Spoiler:

    voilà :p en espèrant que vous aimerez aussi, et postez aussi ici, c'est vide sans Gab' et moi, malheureusement...



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Shuyan
    Shuyan
    FémininAge : 34Messages : 245

    Lun 8 Fév 2010 - 9:35

    Bonne initiative, très beau celui de Shakespeare !! J'ai adoré.


    A moi! Un extrait tiré d'un classique british, Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë :


    Vous comprenez, tous deux étaient en quelque sorte mes enfants. J'avais été longtemps fière de l'une, et maintenant, j'en suis sûre, l'autre serait une source de semblable satisfaction. Sa nature honnête, ardente et intelligente, triomphait vite de l'ignorance et de la dégradation dans lesquelles il avait été élevé ; et les conseils sincères de Catherine aiguillonnaient son zèle. Son esprit, en s'éclairant, éclairait ses traits, leur donnait de la vivacité et de la noblesse : je pouvais à peine croire que ce fût là le même individu que j'avais vu le jour où j'avais découvert ma jeune maîtresse à Hurle-Vent, après son expédition aus rochers. Tandis que je les admirais et qu'ils travaillaient, la nuit approchait, et avec elle revint le maître. Il arriva sur nous tout à fait à l'improviste, en entrant par la porte du devant, et put à loisir nous contempler tous les trois, avant que nous eussions levé la tête et l'eussions aperçu. Bon, me dis-je, jamais spectacle ne fut plus plaisant ni plus inoffensif ; et ce serait une vraie honte de gronder ces jeunes gens. La lueur rouge du feu éclairait leurs deux jolies têtes et montrait leurs visages animés d'un ardent intérêt d'enfants ; car bien qu'il eût vingt-trois ans et elle dix-huit, tous deux avaient tant de sensations à découvrir, tant de nouveautés à apprendre, qu'aucun ne manifestait ni n'éprouvait les sentiments de la maturité rassise et désenchantée. [...] _ C'est une triste conclusion, n'est-ce pas? observa-t-il après avoir médité un moment sur la scène dont il venait d'être témoin ; une absurde terminaison de mes violents efforts! Je prends des leviers et des pioches pour démolir les deux maisons, je m'exerce à devenir capable d'un travail d'Hercule, et quand tout est prêt, à pied d'oeuvre, je m'aperçois que la volonté de soulever une seule ardoise de chacun des toits s'est évanouie! Mes vieux ennemis ne m'ont pas battu. Le moment précis est venu de me venger sur leurs représentants; je pourrais le faire, et nul ne pourrait m'en empêcher. Mais à quoi bon? Je n'ai cure de frapper : je suis hors d'état de prendre la peine de lever la main! On dirait que je n'ai travaillé pendant tout ce temps que pour finir par un beau trait de magnanimité. Ce n'est pas cela du tout : j'ai perdu la faculté de jouir de leur destruction, et je suis trop paresseux pour détruire sans motif.





    Et voici un autre extrait, plus expressif et court, Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas (auteur des Trois Mousquetaires) :

    <<_ Le comte de Monte-Cristo! dit Danglars, plus pâle de terreur qu'il ne l'était, un instant auparavant, de faim et de misère.
    _ Vous vous trompez; je ne suis pas le comte de Monte-Cristo.
    _ Et qui êtes-vous donc?
    _ Je suis celui que vous avez vendu, livré, déshonoré, je suis celui dont vous avez prostitué la fiancée; je suis celui sur lequel vous avez marché pour vous hausser jusqu'à la fortune, je suis celui dont vous avez fait mourir le père de faim, qui vous avait condamné à mourir de faim, et qui cependant vous pardonne, parce qu'il a besoin lui-même d'être pardonné : je suis Edmond Dantès! >>
    Danglars ne poussa qu'un cri, et tomba prosterné.
    << Relevez-vous, dit le comte, vous avez la vie sauve ; pareille fortune n'est pas arrivée à vos deux autres complices : l'un est fou, l'autre est mort! Gardez les cinquante mille francs qui vous restent, je vous en fais don, quant à vos cinq millions volés aux hospices, ils leur sont déjà restitués par une main inconnue.>>



    Ces deux livres, c'était pendant ma période " genre classique et histoire de vengeance ^^ ". Good look!


    Dernière édition par Shuyan le Mar 9 Fév 2010 - 13:58, édité 1 fois




    Poèmes et textes choisis Ange1
    Poèmes et textes choisis 4ab499dd33c13userlogoph
    Cuisinière des fantochs...bah faut les nourrir les braves petits. Hein, quoi ça ne mange pas un phantom?? O_o Bah ça c'est ce que vous croyiez mes mignons... Mais que mangent-ils? Ah, ça c'est une autre histoire...


    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Lun 8 Fév 2010 - 21:54

    Chouettes extraits! je n'ai jamais lu Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë (bien que je compte m'y mettre un jour ^^) mais par contre je connais très bien l'histoire du Comte de Monte Christo(habiter près du château d'If, c'est quand même utile Razz) , qui est très belle, merci de me l'avoir rappelée :)



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Da'FunK
    Da'FunK
    MasculinAge : 28Messages : 1720

    Mar 9 Fév 2010 - 18:47

    Sympa comme topic Razz

    Un petit extrait de poème ^^ tiré de Musset que j'aime bien

    Spoiler:




    " Devant l’éclair. Sublime est celui qui ne sait rien! . " Marchi Wellan.
    Poèmes et textes choisis Dafiii10
    Mao Hinata
    Mao Hinata
    FémininAge : 27Messages : 4502

    Mar 9 Fév 2010 - 18:49

    ... *_______________________________*

    le texte que tu viens de poster, c'est très exactement mon deuxième préféré, de mon auteur préféré (ça fait beaucoup de préf' u_u).
    Il n'y a pas à dire,Da'Funk je t'aime! Very Happy
    *BAF*

    nan sérieusement, superbe texte, il m'émeut toujours autant =)



    Melodie- Noir ♥


    Merci à Gabriel pour cette superbe signature musicale !
    Da'FunK
    Da'FunK
    MasculinAge : 28Messages : 1720

    Mar 9 Fév 2010 - 19:30

    Héhé Razz
    J'étudie le romantisme en cours forcément j'ai le droit à quelques beaux textes ^^ malheureusement j'ai des questions bouseuses aussi qui vont avec ...

    Y'a aussi ce passage que j'aime beaucoup
    Spoiler:




    " Devant l’éclair. Sublime est celui qui ne sait rien! . " Marchi Wellan.
    Poèmes et textes choisis Dafiii10
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