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Forum de graphisme, codage et game design proposant des tutoriels, astuces, libres services et commandes dans les domaines de l'infographie amateur, de l'intégration web (HTML et CSS essentiellement) ainsi que dans la conception de RPG sur forum.


    Mission #5 - Un jeu d'écriture peut-il être dangereux ?

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    Okhmhaka
    FémininAge : 32Messages : 31851

    le Lun 8 Sep 2014 - 10:23

    Bonjour à tous !

    Pour cette mission je vous propose un débat sur un fait d'actualité...enfin de l'actualité de 2012 en fait car cela c'est produit il y a un petit moment déjà. Un professeur avait donné une rédaction à ses élèves sur le suicide. Les parents d'élèves en ont eu vent, certains ont estimés ça sans gravité mais d'autres ont lancés des plaintes.

    > L'article complet

    Les sujets de rédaction c'est des jeux d'écriture, finalement, et ce n'est pas si éloigné de ce que nous faisons tous en RP. Or les rôlistes qui me liront seront probablement d'accord avec moi, jouer un personne torturé, malheureux, qui a des défauts, des addictions etc c'est souvent plus passionnant que de jouer un ado parfait qui n'a aucun problème. D'ailleurs l'adolescence est une période sensible.
    L'un des défis que l'on vous propose sur ce forum pourrait d'ailleurs très bien porter sur ce même thème. Cela vous paraitrait-il pour autant inadmissible ? Provoquant ? Révoltant ?

    Que pensez-vous de cette affaire ?


    De l'XP à gagner !N'oubliez pas que chaque participation argumentée fournie dans cette mission vous rapporte 1 XP dans le champ "RPG" de votre profil.



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    Gabriel Nightingal
    FémininAge : 22Messages : 13

    le Dim 14 Sep 2014 - 10:12

    Hey ! Je me lance pour la première fois, alors si ça se trouve ce ne sera pas super intéressant. Mais je me jette à l'eau :)

    Personnellement, je pense que tant que la personne qui joue le perso à conscience que ce n'est pas la réalité, qu'elle n'est pas ce personnage, je ne vois pas d'inconvénient à jouer un personnage torturé. Au contraire, ça peut même nous aider à nous mettre à la place de certaine personne qui ont quelques caractéristique en commun avec le perso joué, nous donnant ainsi une ouverture d'esprit. Après, je sais que je n'ai jamais joué des perso super torturé, ou des malades mentaux, mais ce n'est pas pour ça que je suis contre le principe. C'est juste que je n'arrive pas à me mettre assez dans leurs peaux.

    Cependant, là où ça devient dangereux, c'est lorsque les personnes en viennent à confondre la vie de leur personnage et la leur ou la réalité. Ce n'est pas parce que votre personnage fait quelque chose de mal qu'il faut se dire que ce n'est pas grave et que si le personnage inventé le fait, eh bien pourquoi pas vous. Et il ne faudrait pas non plus que ça devienne un moyen de réaliser ses fantasme. Parce qu'alors, si vous le faite dans le rp, pourquoi ne pas le faire dans la vrai vie? Pour moi, quand on joue un personnage suicidaire ou torturé, c'est cette barrière qu'il ne faut pas dépasser.

    Voilà, voilà, je suis désolée si c'est un peut court... Embarassed
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    Makuro
    FémininAge : 25Messages : 75

    le Dim 14 Sep 2014 - 10:54

    Bonjour o/ Quelle jolie question, pour autant, de mon côté, la réponse à cette question est sans appel, et tiens en un mot, que je vais par la suite développer : NON, ce n'est pas révoltant ou inadmissible.

    Il y a dans le monde toute sorte de sujets que l'on aime à considérer "tabou", et le suicide est l'un d'eux. Alors, les bonnes gens préfèrent enterrer ça sous un tapis, et ne jamais devoir en parler. Pour certains, pas même à leurs gosses. Et personnellement, je pense qu'avec tous ces sujets là, le plus grave, ce n'est pas de les placer dans un jeu d'écriture, mais de les ignorer.

    Au contraire de Gabriel, la quasi totalité de mes persos ont quelques... soucis. Qui vont d'un extrême à un autre. Interpréter un personnage aux actions malfaisantes, ou autodestructrices ne revient pas nécessairement à glorifier ces actions, et c'est quelque chose que tout à chacun, l'on devrait comprendre. Ainsi, à titre personnel, mon personnage "punk complètement camé qui ne peut vivre quatre heures sans une dose" est devenu à lui tout seul un manifeste anti-drogues, parce que je décris d'une manière tout à fait réaliste chacun des effets.

    Qu'en est il selon moi, plus précisément, de cette affaire de suicide ? Peut être est ce mon côté "future prof" qui cause un peu aussi, mais je comprends parfaitement la volonté de ce professeur de français de donner un tel sujet, surtout après des suicides dans la région. En plaçant les adolescents dans cette position de fragilité, en les poussant à réfléchir à ce qui peut provoquer un suicide, il a tout simplement permit à ces deux classes de s'interroger sur leur propre comportement, envers leurs camarades. Quand on sait que les dits camarades, quand ils sont moqueurs, sont un facteur important dans ces suicides à l'adolescence.

    Alors, personnellement, je suis dans un optique : "Parlons de toutes ces choses ! Écrivons dessus !" Évidemment, comme dit plus haut, il ne s'agit pas de glorifier. Mais il faut en parler, il ne faut pas que ces sujets soient tabous, car sinon, les personnes réelles qui sont dans une telle situation, s'isolent, ce qui ne fait qu'aggraver leur état.

    Les médias aiment dernièrement à glorifier les personnes qui écrivent un livre sur leur expérience personnelle quand ils ont vécus d'atroces choses (drogues, prostitution, viols... Trois tabous pour le prix d'un), expliquant que ces témoignages peuvent aider les prochaines générations. Pour autant, que donner un sujet sur le suicide provoque une "polémique" parce qu'il ne faut pas choquer ces chers petits adolescents de 14 ans. Alors que la différence entre lire et écrire est moindre, j'ai vraiment l'impression qu'il y a là un poids, deux mesures.

    Et quid des personnes s'identifiant à leur personnage ? J'en connais, hélas j'ai envie de dire, quelques unes... Et parmi mes connaissances, aucunes ne jouent des persos torturés, elles ont plutôt tendance à créer des personnages où elles effacent tout ce qu'elles n'aiment pas chez elles. Alors, quelques unes, c'est bien trop peu pour faire une généralisation, mais je me pose tout de même une question : parmi les rôlistes, les personnes s'identifiant à leur personnage à tord et à travers n'ont elles pas une très forte tendance au Mary-Sue ?
    Quand aux élèves de cette classe, ils ont vu avant le sujet, j'en suis sûre, quelques exemples d'autobiographie complètement fictive, et en 3ème, n'a-t-on pas assez fait de rédactions, et lu assez de texte pour comprendre que "je" n'est pas toujours l'auteur ? Le vrai problème aurait été si un élève en était vraiment rendu à ce point là dans la classe... Ce dont finalement, nous ne savons rien.

    Au final, tout ce que ce genre de sujet peut bel et bien être, c'est provoquant. Pour mémo, les suffragettes, à leurs époque, c'était super provoquant ! Aux Etats Unis, un noir s'asseyant dans un parc réservé au blanc, c'est carrément de la provocation envers le Gouvernement... En France même, cette célébrité embrassant, sur la bouche, un séropositif, c'était aussi "so shocking". Bref, la provocation, c'est bien, quand elle est fait avancer les choses <3
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    Samhain
    FémininAge : 24Messages : 4972

    le Lun 15 Sep 2014 - 16:06

    Vaste et passionnant sujet! Certes, la mission vient de commencer et il va donc falloir attendre avant de tirer des conclusions mais je m'attendais à des avis plus mitigés, voire carrément partagés... Les sujets tabous sont souvent propices aux échanges les plus vifs et aux positions les plus extrêmes, c'est agréable de voir que ce n'est ─ pour l'instant ─ pas le cas ^^ Mais je suis curieuse de voir des avis tendant vers celui des parents ayant porté plainte, par contre :)

    Du coup, on l'aura compris, je partage l'avis de mes VDDs sur le fait que non, ce n'est pas choquant. Ces dernières années, certaines personnes ont tendance à vouloir surprotéger les enfants et ça peut parfois aller très loin (je pense notamment à cette mère américaine qui a réécrit tout Harry Potter pour que ses enfants ne soient pas confrontés à la "sorcellerie"... mais c'est le cas le plus extrême, heureusement!). Or, je ne crois pas que ce soit la solution. Pour le coup, on rentre dans quelque chose de plus éducatif que la simple écriture de rédaction mais, le rôle de l'EDUCATION nationale, ce n'est pas d'éduquer, justement? Si elle n'est pas là pour remplacer les parents, elle est tout de même supposée jouer un rôle dans la formation et le développement des enfants et des adolescents et donc les pousser à s'ouvrir l'esprit, à réfléchir par eux-mêmes sur des sujets divers et variés, à contempler des choses auxquelles ils ne sont pas forcément confrontés dans leur vie quotidienne... Bref, l'école apprend aussi à vivre et à être un humain un tant soit peu décent, il me semble normal que ce genre de sujets soit abordé. Qui plus est, à cet âge-là, on travaille sur les deux guerres mondiales et ça me fait doucement rigoler que des parents s'insurgent contre le suicide mais ne mouftent pas à propos de Nuit & Brouillard, par exemple (pas que je sois contre le visionnage de ce film, au contraire, mais c'est paradoxal quand même).

    Comme ça a été dit précédemment, écrire sur un tel sujet permet de réfléchir à des situations différentes de la nôtre, de se mettre à la place d'autrui... En somme, ça aide à sortir de sa petite bulle et à voir que notre réalité n'est pas celle de tout le monde. Bien sûr que ça peut chambouler des élèves comme des joueurs ou des lecteurs mais ce n'est pas forcément un mal : la compassion ouvre à la compréhension et à la tolérance et passe par l'émotion. Qui plus est, sur un forum, les sujets sensibles sont souvent signalés, à la demande du staff ou de l'initiative même des joueurs, donc personne n'est obligé de les lire. Et je doute que le professeur concerné ait été fermé à la discussion, les élèves perturbés par un tel sujet devaient pouvoir en parler avec lui et expliquer pourquoi ça les choquait/bloquait/etc. Un type proposant un tel sujet, ça m'étonnerait qu'il rejette l'échange et le débat x) Bref, je crois que sur cette affaire en particulier, certaines personnes ont fait ce qu'elles aiment faire à propos de tout : sur-réagir et forcer les enfants à adopter leur technique de l'autruche. C'est une attitude assez répandue dans le monde : combien de gens passent devant les sans-abris sans même les voir, par exemple? C'est clair que le monde est plus joli si on s'oblige à ignorer ce qu'il a de noir, de violent et de cruel mais ça n'empêche pas ces aspects-là de la vie d'exister et il faut bien en parler à un moment donné. Libre à ces gosses de suivre le modèle parental par la suite, ce n'est pas parce qu'on leur en a parlé et qu'on les a poussé à y réfléchir que ça va tout changer. Mais, au moins, ils ont l'information à présent et ont appris à s'approprier une réalité, à s'y pencher pour la comprendre. Idem pour les joueurs qui croisent des personnages torturés, avec de lourds passés. Ils côtoient des maladies, des souffrances et des vies qui ne sont pas les leurs et ça peut les aider à s'ouvrir mais ça ne les y oblige en rien. Ce qui serait choquant, c'est qu'on oblige les gens à voir ces choses-là et qu'on leur impose une vision précise de ces problèmes. Jusqu'à preuve du contraire, le prof en question ou les joueurs concernés ne cherchent pas à dire "c'est ma vérité donc c'est la vérité et tout le monde devrait penser ça du suicide/de la maladie/autre". Mais comme tu le dis dans ton post, Jack, l'adolescence est une période sensible et c'est donc le bon moment pour aborder ce que les difficultés de la vie peuvent être et peuvent entraîner. Et c'est aussi la bonne période pour développer son empathie, puisqu'on est plus à fleur de peau. Bref, voilà pour le côté purement éducatif, qui est selon moi primordial dans le débat sur ces fichues rédactions Razz

    Pour ce qui est des forums, à présent, je n'y vois pas d'inconvénients non plus. Encore moins, à vrai dire puisque, comme je l'ai déjà mentionné, les forums et sujets sensibles sont à 90% du temps signalés et que personne n'est obligé de les voir et de les lire. Si un joueur se juge trop sensible, pas intéressé, choqué ou refusant de parler de ces sujets-là, personne ne le force à le faire et il a les moyens de s'en prévenir. Et c'est son droit, comme c'est le droit d'autrui de jouer un personnage mal dans sa peau et de parler de choses violentes. J'admets avoir du mal à comprendre que l'on refuse de voir les réalités mais, qu'on veuille se détendre sur un jeu, ça je le conçois parfaitement et ça se respecte :) Mais on ne peut pas vraiment venir se plaindre ou pleurnicher parce que quelqu'un a créé un personnage sombre sur un forum où ils sont autorisés, encore moins si le forum lui-même est noir, ou que ce type de personnages/jeux existent. Si on veut éviter à tout prix ce genre de choses en RPG, on fait attention aux signaux et on s'inscrit sur un forum qui nous correspond. C'est au joueur de chercher ce qu'il souhaite jouer, pas aux créateurs de s'adapter à ce qu'un joueur en particulier désire (enfin, évidemment, il faut être à l'écoute mais on se comprend, on va pas créer des univers convenant à tout un chacun!). Et ce n'est pas si difficile que ça de connaître et de poser ses propres limites sans crier scandale sur tous les toits! Personnellement, certains sujets me bloquent en rp (viol, pédophilie...) mais je me contente de ne pas jouer sur ce type de forums, de ne pas lire les rps en question et de refuser poliment de jouer avec des personnages comme ça (et la plupart des gens comprennent très bien, en plus). Dans la mesure où on ne me l'impose pas, pourquoi irais-je imposer mes limites aux autres? C'est un peu le concept du respect x) Et c'est intéressant, encore une fois dans un but éducatif et de compassion, d'aborder des sujets "tabous" (dans notre société en tout cas, les tabous sont différents partout). Si on veut le faire correctement, ça implique de faire des recherches, de se mettre à la place de l'autre et d'essayer de comprendre. Evidemment, ça ne force pas à excuser ou à accepter mais ça explique et c'est déjà pas mal! Et un sujet comme le suicide, mal connu, mal présenté et souvent sources de tous les préjugés, ça me paraît même indispensable que les auteurs, qu'ils soient publiés ou simples amateurs, les évoquent et tentent de faire réfléchir les lecteurs ou leurs partenaires de rp.

    Quant aux défis et missions proposés ici... Ce n'est pas encore arrivé que le sujet soit ouvertement à propos de suicide, de maladie ou de violence mais certaines participations ont clairement abordé le meurtre, la sexualité, la violence voire la torture. Et personne n'a jamais été choqué, en tout cas pas au point de le signaler Razz Du coup, je pense que la plupart des membres comprennent très bien qu'il n'y a rien de glorifiant ou de malsain à parler de ce genre de sujets. Et comme ça a été dit par mes VDDs, l'essentiel du problème réside dans l'identification trop extrême de certains à leurs textes et personnages mais ça, c'est un tout autre problème, absolument pas lié aux tabous. Oh et je ne crois pas non plus que ce soit dangereux pour un élève/joueur concerné par le suicide ou autre (comme tu en parlais Makuro). Au contraire, je pense que c'est la bonne occasion de mettre des mots sur un mal-être, de découvrir qu'il y a des oreilles attentives autour de nous et de prendre du recul sur ce que l'on ressent et vit au quotidien. Ce n'est pas pour rien que la prévention du suicide passe par un suivi psychologique dans la grande majorité des cas : la parole permet de prendre conscience des choses, de les évacuer, de les réévaluer. Or ce sont toutes ces choses-là qui n'existent souvent plus dans le cas d'un suicidaire. Ils sont tellement enfermés dans leur souffrance que c'est tout ce qui existe et le passage à l'acte se fait lorsqu'ils perdent la notion de conséquences et de réalité (souffrance du geste, risques de se rater, peine des proches, etc, etc). Donc lancer un sujet de rédaction ou rp avec un perso concerné par le même problème peut sauver des vies et enclencher un processus de guérison.

    Par contre, un point qui n'a pas été abordé mais qui entre dans la notion "révoltante", c'est la façon dont les joueurs gèrent ces personnages et ces sujets. Sans m'étaler, je connais par expérience personnelle directe ou indirecte diverses maladies, physiques comme psychologiques, et le suicide, la tentative de suicide ou l'envie de suicide sont des choses connues et ouvertement abordées dans mon entourage. Et forcément, en ayant une connaissance réelle de ces choses, je sais quand un joueur a décidé de créer un personnage sans savoir de quoi il parle. Qu'un auteur ou créateur de toute sorte s'approprie une maladie ou une souffrance qui n'est pas la sienne, ça ne me dérange pas et ne me choque pas. Par contre, qu'il le fasse sans se renseigner, en ne se basant que sur ses préjugés et ses spéculations, j'admets que ça me pose un problème. Quelque part, ça peut être un autre débat sur l'éthique de l'auteur ou sur ce qu'on considère comme du respect et de la qualité mais je pense que ça a aussi sa place ici. Après tout, il est fréquent de croiser des personnages torturés et tous les créateurs ne savent pas forcément de quoi ils parlent, par manque d'expérience mais aussi par manque de recherches. Le manque d'expérience n'empêche nullement l'empathie et l'envie d'explorer (heureusement!) mais je trouve le manque de recherches irrespectueux et même risqué (et bam, le sujet du débat Razz). En ne sachant pas soi-même de quoi on parle, on risque de mal informé les autres, de transmettre des préjugés et de la désinformation, de vexer ou blesser les personnes réellement concernées... Bref ça peut faire pas mal de dégâts et ça ne semble pas souvent abordé par les staffs ou les joueurs. En toute franchise, c'est le seul point que je trouve "inadmissible" (le mot est un peu fort mais ça me dérange pas mal mine de rien).

    J'espère ne pas m'être trop embrouillée dans mon propos ^^' C'est long comme réponse et j'ai déjà oublié par où j'avais commencé donc désolée si c'est pas clair ou répétitif :siffle:

    En tout cas, super sujet de mission, Jack! Hâte de voir d'autres réponses :)





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    Invité

    le Ven 19 Sep 2014 - 14:04

    En voilà un sujet intéressant ^^

    Pour répondre directement à la question qui forme le titre de cette mission : oui. Indéniablement.
    J'ai vu, lu et constaté des changements de comportement suite à un jeu de personnages.
    De là à dire que ça influence la majorité des RPGistes, je ne pense pas ! Et comme Makuro, au "est-ce inadmissible ? Révoltant", je réponds non ^^

    Je pense qu'il est nécessaire de faire la part des choses entre le jeu et le réel. Les personnages qu'on crée ont nécessairement des parties de nous en eux (du moins, la plupart du temps) mais ce ne sont justement que des parties. Peut-être que des personnes se plaisent à se copier/coller en personnage, et en ce cas, une assimilation parfaite apparaît beaucoup plus probable, mais pour ma part, si je me faisais en personnage rpg, j'me ferais chier, pour parler poliment xD
    Bref, j'en reviens à mes parties : il y a des morceaux de nous dans chaque personnage, mais cette création et ces parties évoluent nécessairement au fil du jeu... Pour autant, le personnage, même s'il emprunte tel ou tel trait à son créateur, reste individuel ; il a ses propres particularité que l'auteur n'a pas.
    A côté de ça, et surtout : le personnage est fictif. Alors forcément, on va s'attacher à son personnage et s'il lui arrive un malheur, on pourra être triste pour lui, mais... Ca reste un jeu. N'est-ce pas du "role-play GAME" ?
    En cela, je rejoins totalement le 3e paragraphe de Gabriel.

    Les personnages torturés, mal dans leur peau, c'est ma spécialité parce que je les trouve effectivement plus intéressants que les personnages plus "plats", mais je ne m'identifie absolument pas à eux.
    Tout ça est un travail d'imagination et encore une fois de "structure" entre le réel et l'imaginaire. Mais l'imaginaire peut parfaitement se rapprocher de quelque chose de réel, comme l'alcool, la drogue, le suicide. Je rejoins Makuro sur ce point et ce n'est pas parce qu'on va faire un drogué qu'on va prôner l'utilisation de ces substances.
    Bref, j'avoue plussoyer grandement Makuro et Samhain sur tout ce qu'ils ont dit, alooors :')

    Mais outre l'identification aux personnages, il y a également le rp en lui-même. Certains d'entre nous connaissent peut-être le côté "chronophage" que peut prendre la matière. On est à fond dans son forum, dans son histoire, l'évolution de son personnage, au détriment de tout le reste, et par tout le reste, je vise essentiellement l'IRL. Mon amie a pu louper une année d'étude parce qu'elle s'est faite embrigader par une rôliste qui n'avait que ça à faire de on temps et se l'appropriait constamment.
    Je ne sais pas si cette obsession pour le rp peut constituer un danger, à terme, mais sait-on jamais.
    Encore une fois, il faut savoir faire la part des choses, tant vis-à-vis des personnages que de l'écriture elle-même. Je dis l'écriture parce que le sujet parle de cela, mais c'est pareil pour tout : qu'en est-il des accros aux jeux-vidéos qui oublient leurs propres besoins naturels ? C'est le même topo.

    Au final, je trouve que Samhain a bien résumé le truc en une phrase : "Bien sûr que ça peut chambouler des élèves comme des joueurs ou des lecteurs mais ce n'est pas forcément un mal" Wink

    Voilà, bon, j'ai l'impression de m'être un peu éloigné du sujet de base pour donner mon avis sur la généralité et non pas majoritairement la rédaction sur le suicide, alors... J'espère ne pas être trop HS °°'
    M'enfin ça m'fait quand même doucement rire que des parents s'insurgent d'un tel sujet quand on voit ce que la télévision peut diffuser à toute heure du jour et de la nuit, maintenant, m'enfin ~

    PS : " Qu'un auteur ou créateur de toute sorte s'approprie une maladie ou une souffrance qui n'est pas la sienne, ça ne me dérange pas et ne me choque pas. Par contre, qu'il le fasse sans se renseigner, en ne se basant que sur ses préjugés et ses spéculations, j'admets que ça me pose un problème. " > je plussoie, pour pas changer ! Certaines des membres de mon forum militent pour que les gens différencient la "schizophrénie" du "dédoublement de personnalité" et s'insurgent quand les deux sont confondus xD
    J'en ris, mais c'est vrai que c'est ennuyeux pour toutes les raisons que tu as donné, Samhain, et notamment la transmission d'informations erronées !
    avatar
    Dark Dream
    FémininAge : 25Messages : 79

    le Lun 29 Sep 2014 - 22:31

    L’écriture un jeu dangereux ?
    Plutôt un jeu de décompression.
    N’avez-vous jamais ressentie le besoin de tout avouer, tout faire sortir ? A l’oral personne vous entend mais a l’écrit cela semble si violent. C’est ainsi que je ressens l’écriture, c’est puissant. Certes je ne suis pas une pro dans l’orthographe (haha). Cela ne m’empêche pas d’éprouver ce besoin d’écrire.
    De mon avis, l’écriture est une façon de retranscrire un manque, un rêve, un désir. Tout comme la musique où les jeux vidéo, ils permettent de vivre ce que l’on ne vis pas, ce que l’on ne pourra jamais vivre, s’évader.
    L’exercice de ce prof a choqué ? Pour moi pas tellement, ma prof nous a fait la même.

    - Vous êtes un enfant dont les parents vous ignorent, le père battant la mère à longueur de journée, la mère buvant pour oublier. Vous êtes perdu et seul, en classe le monde vous pointe du doigt, cachant vos affaires de classe, ricanant sur la personne que vous êtes, retranscrivez vos sentiments dans une dissertation.

    Voilà mon sujet. Cela à choquer la plupart de la classe, c’est vrai, mais n’est-il pas important de savoir parler ? Si on ne peut pas le faire par la parole, l’écrit est le mieux placer pour cela. Le prof ne voulait pas faire une polémique, juste remettre en cause cette société de tout le monde doit être ainsi et pas autrement. Mettre en question le jugement des autres sur qui certain peut toucher jusqu’à ce sentir mal au point de vouloir tout stopper. Après tout on ne sait pas ce que vit l’autre personne en face, un sourire peut cacher une souffrance, comme une larme le dévoile.

    Concernant le Rp.
    Comme la dit mes voisins du dessus, c’est vrai qu’il faut savoir faire la part des choses en séparant réalité et fiction (imagination). Cela reste avant tout un ‘jeux’ il faut donc connaitre les limites, ne pas dévoiler trop sa vie intime et surtout faire la part des choses.

    Pour ma part écrire ce genre de personnage, tourmenté et humilier me fait me sentir mieux (moi sadique ?). Après une journée difficile, une dispute avec une personne proche. J’écris et me libère afin de faire le vide dans ma tête, jouant ce personnage qui malgré les coups bas du quotidien s’accroche pour se battre dans ce qui semble être un enfer, ou chaque souffle semble douloureux. Puis quand je poste mon Point Final. Je recule, reprenant alors mon élan pour moi aussi affronter mon angoisse quotidienne, mes phobies et ainsi apprendre à avoir plus confiance. (Cela reste personnel, pour d’autre ce n’est peut-être pas la même chose.)

    Alors inadmissible non. Cela peut aider certaine personne a ce sentir mieux dans leur peau, à prendre confiance dans la vie de tous les jours.

    Choquant ? Oui, donner une disserte comme cela a des jeunes est délicat. Comme dit l’adolescence reste là où l’on se cherche, on est sensible tout ce qui nous entoure, peut-être faire cet exercice a des majeurs ou autre plus grand.

    Comme toute chose il faut en profiter sans tomber dans l’excès, sans que cela tourne a l’addiction ou alors tomber dans le piège du ‘’ ce que j’écris, je le vis’’
    avatar
    Isara
    FémininAge : 26Messages : 98

    le Mar 30 Sep 2014 - 11:19

    Alors à mon tour de donner mon avis.
    Je ne suis pas si éloignée du collège même si ça commence à faire une dizaine d'année que j'y étais.
    Je me souviens par contre très bien de ce que je ressentais à ce moment et je n'étais pas bien dans ma peau, au point que le suicide m'est passé par la tête.
    On l'a tellement répété l'adolescence est un cap difficile à passé et blablabla...
    Et là, on est en plein dans cette période !

    Pour moi, c'est dangereux de donner un tel sujet à des collégiens. Le suicide, ils y pensent par eux-mêmes, certains passent à l'acte.
    Quand j'étais en 4ème, un des troisièmes s'est pendu... Dans un collège de 200 personnes, autant dire que tout le monde le connaissait et que ça a marqué les esprits. Même si on était pas intime avec lui, je pense qu'on n'oubliera jamais !

    En fait, deux points me posent vraiment problème :
    - Donner une rédaction sur le sujet à des collégiens. Ils sont dans leurs crises d'adolescence, souvent mal dans leur peau et j'ai l'impression qu'un tel sujet leur donne des armes pour passer à l'acte. En plus, au collège, il n'est pas évident de se détacher de ce qu'on écrit. Le recul vient avec l'âge et la "sagesse".
    - Le côté autobiographique de ce devoir !
    En dressant votre autoportrait, vous décrivez tout le dégoût que vous avez de vous-même. Votre texte retracera quelques événements de votre vie à l'origine de ce sentiment.
    Le professeur leur demande de s'en tenir à leur histoire et ça, ça me gène vraiment.
    Avec ce point, on ne peut plus parler de recul ou de jeu style RP, on est dans le réel, le vécu...
    Ce n'est plus dangereux mais idiot d'obliger des jeunes à vivre leur mal être pour pouvoir l'écrire.

    Et pour finir, je ne sais pas si c'est exact ou écrit par le rédacteur mais ceci me dérange :
    Quand le prof nous a donné le sujet, ça nous a étonnés. On lui a posé des questions. Il n'a pas voulu répondre, et nous a dit : 'C'est comme ça'." D'après les élèves cités par le journal, la rédaction n'a pas été accompagnée d'une discussion sur le sujet.
    Si le professeur n'a en effet pas accompagné le sujet d'une discussion, ni répondu aux questions, où est le côté pédagogique ? Et surtout, il n'y a plus de défense possible...
    Je veux bien comprendre que parler du suicide soit une façon de lutter contre mais là, ce n'a à première vue pas été lé cas.

    Pour résumer, donner ce genre de sujet à des collégiens est dangereux. Leur demander que ce soit autobiographique est idiot. Et ne pas en parler, ainsi que refuser de répondre à des questions est tout bêtement inadmissible !




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    Ayfoth
    MasculinAge : 27Messages : 1229

    le Mar 30 Sep 2014 - 15:56

    Désolé mais je vais tous vous contredire o/

    Pour moi c'est trop osé comme sujet, puisqu'on le donne à l'âge où on se pose des questions et lors de cette écriture on peut être amené à se demander pourquoi ce personnage a voulu se suicider. Cela peut être pour des raisons amoureuses, des raisons de santés, de la moquerie de la part de ses camarades, etc.
    Et donc l'adolescent écrivant un tel sujet, se reconnaîtra obligatoirement dans son personnage et donc se demandera automatiquement mais pourquoi moi je ne me suis pas suicidé.
    Et là il va donc réfléchir au pourquoi du comment. Mais pour les esprits qu'on va dire faible, léger, qui avait déjà quelques envies de suicide, cela pourrait accélerer le processus.
    Après tout dépend dans quel cours c'est donné, mais en dehors de cours de philo pour moi c'est trop dangereux.



    avatar
    Samhain
    FémininAge : 24Messages : 4972

    le Mar 30 Sep 2014 - 23:56

    Ah enfin des personnes tendant plutôt vers l'opinion des parents!

    Isara > Ton avis est vraiment intéressant et tes arguments aussi, surtout celui de l'autobiographie. Je reconnais que c'est un peu délicat de présenter le sujet d'une telle manière, ça sous-entend que tous les gamins de la classe sont mal dans leur peau ou l'ont été à un moment. Or ce n'est pas forcément le cas pour tous, ce qui peut être pénalisant, mais c'est vrai que ça peut aussi inciter certains à se plonger ou replonger dans une contemplation très sombre de leur vie/personnalité. C'est vrai qu'il aurait été plus... fin, disons, de demander un sujet de rédaction non-autobiographique ou au moins libre sur le choix de la personne (première autobiographique ou non, troisième, voire deuxième du singulier ça sonne bien aussi pour ce genre de textes). Par contre, je ne suis pas d'accord sur le fait que ça leur donne des armes pour passer à l'acte... C'est vrai que le moment de l'écriture peut plonger dans un état morose mais dans la grande majorité des cas mettre des mots sur un mal-être, c'est justement ce qui permet de ne pas passer à l'acte! Après, c'est vrai aussi que c'est estimer que ces gamins ont relu leur texte donc pris du recul par rapport à leurs mots, qu'ils ne sont pas isolés socialement (famille, amis) et qu'ils ne sont pas au bord d'une TS. Dans ces deux derniers cas, surtout, c'est vrai que c'est plus risqué, que la simple mention du sujet peut convaincre qu'on ne vaut pas le coup... Après, les élèves ont dû discuter de la rédaction entre eux, avec leurs proches, d'autres profs peut-être. Certes, un gosse isolé, vraiment mal dans sa peau et donc peu enclin à se sociabiliser n'aura pas le réflexe ou l'audace de s'exprimer aussi directement mais entendre ses camarades s'insurger contre le sujet ou simplement l'aborder, ça peut l'aider. Déjà, il verra bien qu'il n'est pas le seul à se sentir mal et à avoir de très mauvais moments. Et il saura que le suicide provoque des réactions fortes, ça fait réfléchir. Et c'est ce qui manque à quelqu'un de suicidaire : l'occasion de mettre des mots sur sa grande souffrance psychologique et celle de voir ce qu'est réellement le suicide. Aux yeux des autres, ce n'est pas la solution à un mal, c'est une fin, c'est perdre l'occasion de vivre de belles choses derrière... Bref, je suis plutôt d'accord avec toi sur le fait que le sujet était mal présenté, trop brutal et sans détachement possible, mais pas sur le fait que parler induit l'acte. Au contraire. Pour exemples, l'association To Write Love On Her Arm ou les hotlines sos suicide : leur manière de prévenir les suicides est d'en parler, d'en faire parler et de pousser les suicidaires ou ex-suicidaires à s'exprimer! Je pense qu'ils savent ce qu'ils font Razz

    Sur le fait que le prof ait vraiment refusé le dialogue ou non, je préfère ne pas trop m'y attarder parce qu'on n'y était pas, on ne saura jamais... Mais c'est clair que s'il l'a vraiment refusé, c'est aberrant. Surtout pour quelqu'un ayant décidé de les faire réfléchir à la question.

    Oh et ton expérience fait également réfléchir, ça me semble logique qu'on ait une sensibilité différente lorsqu'on a été confronté(e) au suicide d'un camarade. Pauvre gosse...

    Ayfoth > Ben ça rejoint un peu l'avis de ta VDD Razz Donc ma réponse s'adresse aussi un peu à toi mais j'ajouterai que je ne suis pas d'accord sur le fait que l'ado va forcément s'identifier. On peut réfléchir à un sujet et l'aborder sans se considérer comme le centre de celui-ci. Et - heureusement! - on peut ressentir et compatir sans nécessairement s'identifier, simplement en ayant de la peine pour l'autre. Enfin, on ne fonctionne pas tous pareils donc oui, certes, certains peuvent réellement s'identifier mais ça ne veut pas dire qu'ils vont passer à l'acte! Au cours de ma vie, je me suis identifier à beaucoup de personnages et ce n'est pas pour autant que je mène leur vie, ai commis ou prévois de commettre des actes particuliers, etc, etc. En dehors des personnes ne l'ayant pas appris ou subissant un mal psychique, tout le monde est supposé faire la part entre le réel et la fiction, entre autrui et soi-même. Même les jeunes enfants en sont capables, je doute que tous les ados oublient comment ça marche Razz Et pourquoi serait-ce plus acceptable en cours de philo? Je suis sincèrement curieuse, pour le coup, c'est intéressant comme approche :hum:

    Bref, comme toujours, ça fait réfléchir d'avoir des avis divergents. J'admets vous trouver un peu trop durs sur l'identification et l'influence possibles qui sont, apparemment pour vous, forcément négatives voire risquées... Par contre, Isara, je te rejoins finalement sur le côté abrupt du sujet et de sa forme. Même si je considère que c'est un thème très intéressant à aborder, important même parce que je continue à défendre l'idée que la prévention passe par la discussion et l'éducation (quel que soit le sujet, d'ailleurs), mais c'est vrai qu'il y a l'art et la manière de le faire. Deux petites questions, cependant : est-ce que vous n'oubliez pas que l'on voit des choses très dures en fin collège / au lycée et qu'on les supporte? Et quid du côté RPG? Razz




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    Ayfoth
    MasculinAge : 27Messages : 1229

    le Mer 1 Oct 2014 - 1:02

    Hello,

    pour te répondre, pour moi ce serait plus intéressant en cours de philo, puisque dans les premiers cours tu es censé apprendre (je dis bien censé) à faire la différence entre la fiction et la réalité mais également à réfléchir à des question sans t'impliquer personnellement
    POur moi les "philosophe" serait plus apte à approcher une telle rédaction sans s'impliquer émotionnellement.



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    Onyx
    FémininAge : 23Messages : 3047

    le Mer 1 Oct 2014 - 2:13

    Je souffre d'une maladie chronique que j'ai découvert il y a à peu près 5 ans. Avant que mes docteurs ne trouvent la combinaison de médicaments nécessaire pour limiter les symptômes, j'allais vraiment mal et je savais que si je ne réagissait pas aux médicaments, j'allais devoir subir une opération qui me débarasserait de la majorité de ma maladie... Et dont les séquelles de l'opération étaient, à mon avis, pires que la maladie elle-même. Dès que j'ai appris les conséquences de l'opération en question, j'ai tout de suite décidé que si cela devait arriver, je me tuerais.

    Finalement, j'ai très bien réagi aux médicaments et je vais parfaitement bien. Enfin, disons plutôt que mes symptômes sont assez diminués pour que cela soit facilement vivable. Je n'aurai jamais besoin de subir l'opération dont je parlais tout à l'heure. Et même si cela m'arrivait, j'ai plutôt changé d'avis pour ce que je ferais.

    Sauf que si c'était arrivé? Si j'avais du subir l'opération et finir mutilée pour le restant de ma vie? Et que, alors que je doutais encore de mes raisons de vivre, j'avais reçu ledit travail sur le suicide, un travail obligatoire, un travail reçu sans préparations et sur lequel le professeur ne nous donnait aucun retour? Je ne sais honnêtement pas ce que j'aurais fait.

    Malheureusement, l'article manque de détails et de fait sur ce qui s'est réellement passé, mais si on se base sur ce qu'il dit, le prof a refusé de répondre aux questions et n'est même pas revenu ou fait de discussion sur le sujet par la suite. C'est peut-être pas le cas, mais vu qu'on a pas de preuve contre ou pour, je vais partir du principe que c'est vrai et toussa.

    Si cela avait été fait avec une approche de la part du professeur afin de nous amener à réfléchir sur ce que des gens aux pensées suicidaires pourraient ressentir et les différentes aides possibles, j'aurais peut-être pris cette perche qui m'aurait été donné afin de mettre en mots ce que je ressentais et peut-être que je me serais sentie mieux.
    Si au contraire, j'avais reçu travail de façon obligatoire en me faisant dire de mettre en mots pourquoi est-ce que je me sentais dégoûtante et de dire les raisons pour lesquelles j'en avais marre? Sans avoir la possibilité de pouvoir parler au professeur parce qu'il ne voulait pas répondre aux questions et qu'il nous avait donné le sujet sans préparations? En devant me mettre dans la peau d'une personne qui pense que se tuer est la seule solution? Qu'il n'y a plus rien à faire? Que ce n'est plus une question de "est-ce que je le fais ou non?", mais de "je le fais parce que..."? J'suis pas trop certaine de ce que j'aurais fait.

    Quand on parle d'éducation, c'est normal de parler de sujet sensible puisqu'il faut aussi être éduqué à cela. Et même, c'est important d'en parler si on veut y être préparer, savoir que cela existe et où se trouve les solutions si jamais on arrive à tomber aussi bas.
    Mais pas sans préparation, sans retour sur la question, pas en obligeant les élèves à s'identifier à une personne suicidaire, surtout pas à une personne suicidaire qui a déjà pris sa décision. Devoir incarner un personnage suicidaire dans une dissertation obligatoire, cela peut être difficile. Mais devoir incarner un personnage suicidaire qui est rendu au moment où il a déjà décidé qu'il n'y avait aucune issue possible? C'est aller trop loin. Parce que non, ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas d'issues possible. Et de se mettre dans la peau d'une personne qui pense qu'il n'y a plus rien à faire alors qu'on est déjà proche de la ligne ou on se dit "est-ce que c'est vraiment la seule solution possible?", cela peut facilement être la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

    Donc oui, en tant que parent, j'aurais aussi demandé des explications sur le comportement du professeur et des sanctions s'il n'a réellement pas préparé ses élèves à ce sujet et n'y a pas fait de retour. Et puis de toute façon, pourquoi exiger un devoir qui demande une réflexion si on ne veut pas en parler après et justement, enseigner le sujet? Quel type d'éducation est-ce que c'est? Bref, c'est juste... con.


    La différence entre les RPs et cette situation, c'est l'obligation et la façon d'apporter le sujet. Bon, le professeur ne les a pas tenu à bout de fusil en les obligeant à faire le devoir. Mais il reste qu'un devoir est un devoir et c'est normalement, pour un bon élève, une "obligation". Il y a une pression qui pousse à faire le devoir, même si en a pas nécessairement envie. Donc pour un bon élève qui aime écrire et qui aurait pris son devoir et se serait assis pour le faire en aillant des pensées déjà noires... Cela n'amènera probablement pas l'acte, mais cela peut encourager le comportement suicidaire parce qu'on a été obligé d'écrire sur une situation où il n'y avait pas d'issues possibles. Et en fait, c'est ce qui m'énerve sur ça, c'est le pas d'issues possibles et toussa. C'est... Grraaahhh!

    Personne n'est obligé de RP. Personne n'est obligé de faire une dissertation sur le suicide sur un forum RP. Si les gens le font, c'est qu'ils veulent le faire. Même si une personne en parle ou lance le sujet, on a toujours le choix d'y répondre ou non. Et si quelqu'un lançait ce type de sujet avec l'envie de se suicider, c'est qu'elle est rendue à cette étape là de sa réflexion et qu'elle veut soit qu'on la remarque ou exprimer sa détresse ou whatever, j'sais pas moi >< Mais bref, qu'on se mette ou pas dans la peau de notre personnage, personne ne nous met la pression pour le faire. Donc non, parler de sujets sensibles sur des forums, RPG ou non n'est pas dérangeant. Après tout, si ce n'est pas ici, la personne le fera ailleurs.

    Bref, j'ai l'impression de me répéter et de ne pas être claire, alors j'arrête là u_u



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    Ondée
    FémininAge : 18Messages : 658

    le Jeu 2 Oct 2014 - 21:19

    Bonsoir ! :-)

    J'ai lu tous vos messages et je suis à la fois en accord et en désaccord avec vous tous (ou du moins, avec les points que vous avez abordés). Il n'y a pas de sujet "tabou" – il ne devrait pas y en avoir, en tous cas – et refuser d'aborder le thème du suicide par peur des réactions des jeunes est stupide selon moi. Tôt ou tard, il faudra qu'ils s'y confrontent, comme à bien d'autres choses. Le faire au collège, qui est un lieu d'apprentissage, de découverte, de réflexion... eh bien, c'est logique et c'est même plutôt sain x) L'avantage du collège, c'est que sont des profs formés à enseigner qui abordent ce genre de sujet. C'est toujours mieux pour un jeune d'en parler dans ces conditions, plutôt que d'être livré à lui-même devant des évènements parfois traumatisants, non ? Quant au fait qu'un cours de philo serait plus approprié pour en discuter... Je ne partage pas cette opinion ^^ On parle bien d'histoire en cours de français, ou de maths en cours de physique. Preuve qu'il n'y a pas de sujets "réservés" à une matière. En l'occurrence, cette rédaction se prêtait bien à un cours de français... En plus, il me semble que la philo n'est pas enseignée au collège – pas chez moi, en tous cas ! x)

    Donc pour moi, le prof n'était pas en tord dans le fond de sa démarche. Par contre, la forme n'y est pas du tout. Je rejoins entièrement l'opinion de Onyx sur le fait que ce devoir a été très mal présenté. Si je me fie à l'article fourni, il n'y a eu aucun débat, aucune explication, aucun suivi. Autrement dit, le sujet perd tout son intérêt pédagogique, et il devient dangereux dans la mesure où il est "obligatoire". Un élève consciencieux était contraint de le rendre, quoi qu'il pense ou ressente. Le fait qu'il soit seul face à sa feuille, et pour peu qu'il soit dans une mauvaise passe (je n'aime pas l'expression "fragile", c'est plutôt dégradant et pas forcément exact)... eh bien, ça peut amener à un choc émotionnel négatif ou à une mauvaise prise de décision, comme cela a déjà été dit ^^ Dans tous les cas, il aurait fallu laisser le choix de la personne pour permettre à l'élève de prendre du recul sur cette rédaction s'il en avait envie/besoin. Surtout si le suicide était imposé comme "solution" finale au devoir. Je trouve ça assez triste en fait, parce qu'une telle règle encourage le suicide plus qu'il ne le prévient. Je ne vois pas quel intérêt pédagogue elle peut avoir x)

    Au final, je ne pense pas que ce prof a eu une mauvaise idée, au contraire ; je rejoins Samhain sur le fait qu'il est nécessaire d'aborder et de discuter de sujets dit "sensibles", et qui de mieux placé qu'un prof pour le faire avec des adolescents ? (À part un médecin, s'entend.) Mais le thème a été très mal traité et il devenait dangereux dans la situation présente. Je comprends donc tout à fait l'inquiétude des parents :3



    EN VACANCES JUSQU'À DÉBUT AOÛT - TOTALEMENT ABSENTE
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    Syel
    FémininAge : 20Messages : 773

    le Ven 3 Oct 2014 - 17:11

    Bonjour ! Je viens ajouter mon petit avis :)

    Déjà, pour moi, le rôleplay est une discipline vraiment différente d'une rédaction. Notamment parce-qu'on incarne un personnage que l'on a nous même crée de toute pièce. Nous en sommes le créateur, nous avons inventé ses défauts, ses qualités, ses peurs, ses rêves. Ce personnage est donc totalement fictif et nous en sommes conscient ! Je pense que les rôlistes sont une certaine "catégorie de personne" si je puis dire qui savent parfaitement faire la différence entre le suicide de leur personnage et leur propre vie ! Pour les jeux vidéos violents par exemple, là d'accord, il peut être très dangereux d'aborder de tel sujet surtout parce-que les jeux sont accessible à toute sorte de personnes de tout âge.

    Mais revenons au sujet de l'article. Certes le suicide est un sujet d'actualité sur lequel il ne faut pas fermer les yeux. Je serais donc tout à fait d'accord de proposer un sujet de dissertation du genre "Que pensez-vous du suicide ? Est-ce mal en soit ?" ou que sais-je encore ! Mais là aussi, on peut se permettre de le proposer à des lycéens qui ont déjà un certain recul et avis sur la question !

    Sérieusement, le sujet de la rédaction m'a vraiment choqué. Littéralement. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais le professeur demande clairement "de décrire tout le dégout que vous avez de vous-même" ! Déjà, l'aspect autobiographique aggrave la situation. N'oublions pas que nous nous adressons à des jeunes qui sont dans une période axé sur l'apparence, dans laquelle ils cherchent encore leur place et très souvent, ils possèdent X complexes. Donc ce monsieur décide de leur demander de décrire vraiment le DÉGOUT d'EUX-MÊME ! Non mais je ne sais pas, vous vous rendez compte ? Les élèves, déjà par l'aspect autobiographique, se sentent réellement touché par ce qu'ils écrivent et en plus, c'est extrêmement sombre et déprimant d'écrire ceci ! Même moi je n'aimerais pas le faire !

    Je trouve ça juste inacceptable. Le professeur donne l'impression de vouloir s'immiscer dans la vie privée de ses élèves. Il n'a pas à les obliger de plancher sur un sujet comme celui-ci, les contraignant de se remettre en question, de présenter aux grands jours leurs craintes, leurs défauts... Bref. Il n'a vraiment pas été intelligent sur ce coup là, il fallait se douter que ça ferait des vagues.

    Donc non, il n'est pas dangereux d'écrire lorsque c'est le choix de la personne. Un écrivain peut très bien écrire un livre affreusement déprimant et morbide, si cela peut l'aider à extérioriser son mal-être, pourquoi pas. C'est son choix. Il sait ce qu'il fait et pourquoi il le fait. Tout comme les rôlistes peuvent incarner des personnages torturés, il savent ce qu'ils font et pourquoi ils le font.

    Mais imposer à des collégiens d'écrire sur un tel sujet, en prônant l'aspect autobiographique, non. Dès lors que le libre arbitre est supprimer, dès lors qu'ils n'ont pas choisi d'écrire eux-mêmes cette rédaction sur ce sujet plutôt qu'un autre, là, ça en devient dangereux et inacceptable.



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    Isara
    FémininAge : 26Messages : 98

    le Sam 4 Oct 2014 - 9:04

    Samhain > Merci d'avoir pris le temps de me lire déjà et de répondre point par point comme tu l'as fait
    Je suis contente que tu me rejoignes sur le "danger" du côté autobiographique...
    Et en effet, je dois surement être plus sensible que d'autres par mon histoire :x

    Onyx > Je comprends très bien ton point de vue !
    Et je vois où tu veux en venir...
    Je suis parfaitement d'accord sur le fait qu'un devoir est une obligation alors qu'on RP tous par plaisir.
    De plus, le RP se fait avec un personnage de fiction, pour ma part à la troisième personne d'ailleurs.
    Bref, j'en reviens à mon argument "autobiographique".

    Ondée > De même, je "m'insurge" sur la forme ! Même si le fond est un peu dérangeant pour une classe de troisième. Pour moi, certains sujets doivent s'aborder plus tard même si comme tu le dis, aucun sujet ne devrait être tabou.

    Syel > Tu es beaucoup plus extrême que moi, mais je pense qu'on se rejoint sur l'idée générale !

    Manan, j'ai une question à vous poser !
    Je me demande vraiment, surtout pour tout ceux qui n'ont pas trouvé le sujet choquant, si vous pensez que ça n'impactera pas au moins un élève ?
    Je m'explique, de nos jours, les classes comptent une trentaine d'élèves. Sur cette trentaine, il y en a au moins un qui a des parents divorcés (où le divorce se passe très mal), un qui est un peu trop gros ou boutonneux et dont les camarades se moquent du physique, un fayot, etc...
    Aucun de nous n'a été dans le même établissement mais on a tous connu ce schéma qui malheureusement est le même partout !
    Est-ce que pour ses élèves qui vivent au jour le jour, un calvaire, mettre des mots dessus va les aider ?
    Est-ce que devoir revivre chaque moment pour l'écrire, va leur permettre de s'en libérer ?
    Je pense que sur les 5/6 élèves concernés, au moins un, va juste se sentir plus mal ! Qu'il va se dire que la vie n'en vaut pas la peine ! Je pense qu'au moins un de la trentaine est capable de passer à l'acte après avoir réfléchi à son mal être.
    Et que du coup, le professeur avec son sujet met au moins la vie d'un "enfant" en danger !
    Ce qui pour le coup est inadmissible...

    En tout cas, j'ai hâte de lire vos réponses !




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    Samhain
    FémininAge : 24Messages : 4972

    le Sam 4 Oct 2014 - 16:27

    Encore une fois, des réponses intéressantes et variées :) Dans la mesure où j'ai déjà exprimé mon opinion sur pas mal des points que vous soulevez, je me permets de ne pas répondre à tout mais j'ai tout lu avec beaucoup d'intérêt! Globalement, j'ai surtout envie de rebondir sur deux choses : le fait que les rôllistes soient plus à même de se détacher de la fiction et que l'âge des élèves posent un problème.

    Pour le premier point, mes diverses expériences sur des forums RPG tendent plutôt à montrer le contraire donc soit j'ai eu droit à tous les instables, soit ta vision est un peu faussée, Syel? Peut-être que tu n'as jamais eu affaire à ce genre de joueurs (et crois-moi, t'as eu de la chance et j'en suis ravie pour toi Razz) mais ils existent et sans être la norme ils ont toujours été présents sur tous les forums que j'ai fréquenté (en tant que joueuse, admin ou simple curieuse). D'ailleurs, quasiment tous les forums ont leur(s) grosbill(s), pas vrai? Sans être incapables de faire la part des choses, ces joueurs mettent énormément d'eux-mêmes dans leurs personnages et ont parfois (souvent?) du mal à se détacher de leur création et des histoires qu'ils leur font vivre. J'ai même connu un groupe de joueuses qui calquait ses relations IRL sur celles de sa vie fictive donc, vraiment, je ne crois pas qu'être rôlliste immunise de quoi que ce soit, encore moins que ça nous rende meilleurs que les autres sur certaines choses ^^'

    Quant à l'âge des élèves, je l'ai déjà mentionné mais, en troisième, on voit des choses très difficiles dans le programme... Enfin, peut-être que tous les collèges ne fonctionnent pas ainsi mais, dans le mien, on a fait la Seconde Guerre Mondiale dans quasiment toutes les matières avec témoignages de rescapés de camps, de résistants, de délateurs, etc, visites de camps (Gurs par chez moi), visionnage forcé de Nuit & Brouillard et de divers documentaires... Attention, je ne suis pas en train de dire qu'on ne devrait pas le faire, bien au contraire, mais que pas mal d'entre-vous bloquent sur le fait que les élèves étaient potentiellement trop jeunes pour parler de violence envers soi-même alors qu'on ne leur laisse pas le choix sur la violence envers autrui. Et du coup, j'ai sincèrement envie de comprendre ce qui fait la différence, pour vous? Outre le manque de détachement, je veux dire, parce qu'il peut être problématique dans les deux cas ^^ Est-ce que vous rejoignez l'avis d'Ayfoth qui trouve qu'un philosophe ou quelqu'un ayant appris la discipline sera plus armé pour ça (et qu'il faut donc le faire en terminale pour les français)? D'ailleurs, Ayfoth, j'aurais aimé avoir un(e) prof de philo abordant sa matière de cette façon x) C'était plutôt en mode "Freud - qui était bien plus intelligent que vous - a dit ça donc vous dites ça et puis basta".
    (pardon pour la digression, Jack Embarassed)

    EDIT : et de rien Isara, c'est normal de lire les autres avis dans un débat ^^ ça serait un monologue sinon Razz




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    Hismeria
    MasculinAge : 25Messages : 2419

    le Ven 10 Oct 2014 - 2:48

    Bonsoir,

    Wow, un débat, un vrai avec un sujet passionnant et des gens passionnants. Bien du coup, je ne sais pas par où commencer pour structurer mes idées puisque beaucoup de choses ont déjà été dite. Puis, il ne me semble pas nécessaire de résumer vos différents points de vue. En y réfléchissant, je pourrais passer des heures à argumenter sur chacun de vos arguments « pour » et « contre », car je suis d'accord avec certaines de vos idées et en désaccord avec d'autre. Mais là n'est pas mon intérêt pour ce message, je vais plutôt essayer de me recentrer sur des « points » qui me tiennent à cœur :

    - Le message du professeur :

    Vous en avez déjà surement parlé, mais ce n'est pas grave. Pour moi le message est la clef de cette histoire : je le trouve poignant et remplit de vérité, voire de sens. En quoi cela est-ce scandaleux de parler d'un choix qu'on peut faire dans la vie ? D'une des solutions qu'on peut prendre ? Ou justement qu'on choisit de ne PAS prendre.

    Pour effectuer son choix avec rigueur, il faut être clairement conscient des actes que cela engendre. Et surtout du caractère irréversible de la chose. Avec tous les univers virtuels disponibles aujourd'hui (sous tout leur format), je peux comprendre qu'on ait encore du mal à distinguer fiction de réalité. Moi le premier.

    Mais si personne n'en parle, alors comment savoir ? À qui en parler ? À nos parents à table ? Laissez-moi rire. À nos amis ? A cet âge, je suis sûre qu’on n’oserait jamais parler de ce genre de choses. Et pourtant autour de nous, ça fuse de tous les côtés, c'est un débat de société ancré auquel nous n'avons pas encore de réponse...

    Donc pourquoi ne pas commencer à cet âge-là ? Si cela permet un suivi psychologique des enfants. Surtout de leur faire écrire quoi ! Ça permet de voir leur état d'esprit et d'en discuter...

    Autre chose : durant toute notre scolarité on nous prépare aux éventualités de la vie, à faire notre propre choix, à réfléchir par nous-même. Et pour moi, c’est ce que le professeur a cherché à faire. Plutôt avec brio même. Durant ma scolarité, j’ai eu la chance de croiser ce genre de pédagogue, et ça ne m’a fait que plus grand bien. Ça m’a préparé à la plus grande école du monde : l’école de la vie.

    Quelques exemples du vécu de ma scolarité :

    - En troisième notre professeur de français nous a donné un sujet relativement similaire. Celui-ci avait un énoncé clair et profond : sous forme de mini paragraphe argumenté, elle nous a fait étudier le sujet de la mort. Le titre de la composition était : « Lettre à la mort ». Il fallait dans un court texte parler de nos ressentis sur la mort (pour les intéressés, je peux vous envoyer ma composition par MP). C’était un moyen détourné de nous faire parler, de nous faire évacuer toutes nos idées d’adolescent perdus, et chaque jour, je la remercie de m’avoir éclairé pendant ses cours…

    - En seconde, j’ai un prof d’espagnole qui nous a fait étudier l’histoire de femme battus qui se suicide. Troublant aussi me diriez-vous ? Oui et non. A chacun son avis, mais il faut bien en parler un jour ou l’autre. Est-ce qu’en seconde, j’étais plus préparé qu’en troisième ? Je ne crois pas. Ca dépend vraiment de votre état d’esprit, et de ce que la vie nous réserve.

    - Et pour finir : en terminale. Ah la terminale... En philosophie, en biologie, en physique, on nous parle ouvertement de la mort, sans que ça ne gêne personne. Tout va bien ! C’est dans le programme. C’est vrai, et pourtant, c’était l’année ou j’aurais voulu qu’on ne m’en parle pas justement. Parce que justement, la vie, elle, m’avait rattrapé. Et cette année-là, je peux vous dire que le cours de troisième de mon professeur de français m’ont servi. Car justement le suicide m’a traversé l’esprit.

    Enfin bref, c’est un tout autre sujet plus personnel, je vais faire une mauvaise transaction sur la deuxième chose qui me tenait à cœur.

    - La comparaison (évoqué par bon nombres d’entre vous) sur le RP :

    Encore une fois, dans vos commentaires, vous avez eu des avis partagés et de très bonnes choses ont été dites. Donc je ne reviendrais pas là-dessus. Simplement, comme ça fait 3 ans que je fais du RP, je me contenterai de donner mon avis de petit RPgistes passionné :

    Beaucoup trop de joueurs (moi le premier à mes débuts) pensent que le RP est une sorte de rétrospection de notre vie en amélioré. Il est même plutôt difficile de créer un personnage qui ne nous ressemble pas du tout. Dans ce cas-là, est ce dangereux de jouer avec la vie de nos création ? Ne serait-ce pas là une façon de fantasmer ce qu’on n’a pas eu le courage de faire dans la vraie vie ? Peut-être, mais c’est un risque que nous prenons tous les jours en faisant du RP. Et cela ne choque personne.

    Pourtant même à 15 ans, nous pouvons nous connecter et avoir les mêmes pensées qu’on aurait eues en classe avec le professeur. Sauf que l’avis public ne s’y mêle pas. Je comprends bien la différence de statut, mais pour moi, c’est presque plus dangereux de faire ça sur un forum car justement personne ne contrôle ce qui est dit. Même si j’entends bien, les modérateurs tout ça, ok. Mais vous ne me ferez pas croire que les modérateurs lisent tous les topics ouvert. Ce n’est juste pas possible…

    Ok d’accord, c’est dangereux ? Si on va par-là, la vie est dangereuse. Personnellement, je passe ma vie à RP car ça me sort de mon quotidien. Ça me permet de grandir, de rencontrer d’autre types de point de vue, de voyager à travers des univers à la fois différents et magique que ce que nous connaissons. Et ça me fait écrire. De tel sorte que tout comme j’avais 15 ans en troisième, je me pose, je réfléchis, et je fixe mes idées. Ça me donne de l’énergie pour avancer. Ça me fait rêver. En quoi cela pourrait être nocif ? Vraiment je ne comprends pas... Alors pourquoi un cours qui reprend ce que nous faisons chez nous le serait ?

    Bref, là encore, c’est un autre débat… Et c’est déjà pas mal tout ça. Je garde des arguments pour une éventuelle future réponse. C’est donc à vous Very Happy



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    Invité

    le Ven 10 Oct 2014 - 12:58

    Bon je reviens mettre mon grain de sel parce que les derniers avis m'ont fait réaliser un aspect que j'avais occulté (p't-être parce que comme un pignouf, j'avais pas lu l'article mis en lien >>) : l'aspect autobiographique.

    J'ai rien de bien concret à ajouter si ce n'est que, comme l'on dit mes VDD, je trouve maladroit d'imposer :
    1/ le suicide comme l'unique solution du sujet : j'ai beau être pessimiste de nature, je pense qu'il serait plus intéressant de laisser le potentiel de chaque enfant se développer au travers de la fin de l'histoire. Le Prof' avait peut-être ses raisons, néanmoins. Envisager le suicide, c'est aussi (normalement) réfléchir à tout ce qu'on laisse dernière nous, ça permet de réaliser ce qu'on a et ce qu'on perdra, donc vu comme ça, ça me parait acceptable.
    2/ la description de son propre dégoût : même sans parler de la difficulté que présente l'adolescence, je trouve presque aberrant d'imposer ça à qui que ce soit s'il ne tient pas lui-même à le faire, de sa propre initiative. A nouveau, le Prof' avait peut-être ses raisons et je pense qu'il voulait faire mûrir une véritable réflexion sur ce qui gênait chaque élève individuellement. Un point de sa personnalité qui le troublait, qui le dégoûtait, justement pour instaurer un sentiment de malaise qu'il exagèrerait (inconsciemment ou non) jusqu'à l'obsession et jusqu'à le convaincre de se suicider, mais... Si je peux comprendre cette démarche, je ne sais pas si elle est judicieusement présentée, de sorte que telle qu'elle est exposée, là, elle pourrait effectivement devenir dangereuse.
    3/ l'aspect autobiographique (qui rejoint donc le point 2/) : si le Prof' voulait l'impression d'une autobiographie, plutôt que d'exiger le récit d'une anecdote personnelle, il aurait dû imposer l'écriture à la première personne du singulier. M'enfin (quoique ce soit un autre débat), il n'est nul besoin d'imposer le "je" pour conter un récit autobiographique.

    Globalement, rien de nouveau par rapport à ce qui a été dit, mais les derniers avis m'ont incité à nuancer mon propos premier ^^

    Pour répondre à la question posée par Isara (comme ça je ne fais pas que radoter xD), je rejoindrai grandement Samhain sur ce qu'il a dit bien plus tôt.
    Personnellement, j'ai d'énoooooorme soucis pour exprimer oralement mes sentiments, et écrire m'aide à mettre la forme à mes émotions. En outre, je m'exprime beaucoup plus clairement à l'écrit que je ne le fais à l'oral, simplement parce que l'écrit me permet de réfléchir, de peser chaque paroles et d'adapter ma pensée, le cas échéant.
    Mais bon, ça, ce n'est pas le cas de tout le monde et tout le monde n'aime pas écrire. En 3e, jusqu'à UNE rédaction, je n'étais pas particulièrement réceptif à ce genre de procédé.

    Du coup je maintiens mon avis : un tel sujet est intéressant, mais tel qu'il est présenté, la polémique est peut-être permise. Je retombe sur mon premier point : un tel sujet vise à faire réfléchir, c'est certain, l'ennui c'est que tel qu'il est présenté, il peut être interprété comme prônant effectivement le suicide.
    Si le sujet a été posé tel quel, alors, une discussion aurait dû être organisée, avant l'écriture, pendant, et également après, une fois les écrits lus.

    Je rejoins (encooore et toujoooours) Samhain pour le coup des rôlistes, par contre Wink

    Pour ce qui est de l'âge des enfants, je crois l'avoir déjà dit mais ça ne me choque pas : vu ce qui passe de nos jours à la télé, franchement, ils voient des choses tout aussi contestables pour leur âge et on n'en fait pas des montagnes pour autant (ooouuh, comme je suis vieux jeu ~). Je ne pense pas que la matière ait une influence quelconque là-dedans et du coup, cet aspect n'a nullement influencé mon avis, tant qu'il n'est pas donné à des primaires °°
    avatar
    Merwyn Arehdel
    FémininAge : 18Messages : 298

    le Mer 22 Oct 2014 - 11:01

    Bonjour, je viens donner mon avis certes un peu court mais c'est mon point de vue :)

    Donc déjà je ne trouve pas cela si révoltant, et il faut prendre conscience que les adolescents se disent entre eux des choses bien plus graves que ce simple sujet donné. Les Rps que nous écrivont pour ma part chaque week-end ont également des caractères parfois violents, et pour les écrire je rentre dans la peau du personnage pour m'imaginer qu'est-ce qu'il aurait fait dans quelle situation, mais en aucun cas je prends réellement sa place.

    On peut pourtant se dire que le professeur a eu également tort d'imposer ce sujet, il aurait pu pencher pour un mode semi-directif ou non directif et laisser le choix entre plusieurs thèmes, par exemple.

    Donc peut-être que des parents se sont effectivement plaint, mais tant que l'adolescent n'est pas mal à l'aide ou dérangé, ça va. Et puis, si vraiment ce sujet l'aurait affecté, il l'aurait montré. Bien sûr, l'étude ou l'écriture sur le thème du scuicide doit dépendre de l'âge de l'enfant, mais je pense que si par "adolescents" vous entendez une moyenne d'âge de 13 à 14 ans, le sujet d'écriture n'aura aucune influence sur lui.

    Pour ce qui est du vécu, même quelqu'un de très pessimiste et qui a déjà eu des actes de ce genre, je ne pense pas qu'écrire sur le sujet puisse l'influencer, mais au contraire peut-être même le libérer d'un poids, et faire part de ce qu'il ressent, en quelque sorte le sujet pourra l'ouvrir aux autres.

    Au niveau de l'autobiographie, on écris comme si l'on agissait selon nous, mais il est vrai que le professeur aurait très bien pu imposer l'écriture à la troisième personne du singulier. Je trouve personnellement que les adolescents ont du mal à s'exprimer, donc peut-être que l'autobiographie est mal choisie.

    Pour finir, je pense que l'impact qu'a ce sujet sur les adolescents dépend de la personne elle-même. Mais si mon enfant serait exposé à ce sujet, je ne me plaindrais pas.

    J'espère avoir été cohérente ^^ Bonne journée/soirée !
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    Araik
    FémininAge : 22Messages : 249

    le Dim 26 Oct 2014 - 15:05

    Salut,
    Pour moi, cela se rapporte un peu au cas des jeux vidéo et les tueries dans les écoles américaines.
    Tous peut mené au suicide ou a des tueries. Après tout certaine personne réagisse différemment a l’écriture. Par exemple pour certaine personne cela va mené a évacué le stress ou encore a se changé les idées. Mais pour certaines personne avec un esprit "fragile ou instable" cela va faire que peut a peu la personne qui au départ va trouvé le jeux d'écriture comme une source ou tous les problèmes ne sont plus qu'un rêve , ne va plus faire la différence entre réel et imaginaire.
    Après pour l'histoire de la rédaction, je trouve d'un coté quelque chose d’intéressant car le sujet peut amené a réflexion sur le suicide mais d'un autre peut entraîne les personnes a se lamenté sur le sort du suicide et les poussé par la même occasion.
    Je pense que le sujet est un peu plus porté sur de la philosophie que sur un thème de français, après j'ai eu l'expérience de la bibliographie comme beaucoup sur le forum, et pour ma par il a était très dur de faire un rédaction sur soit même puisque les sujets ne touché pas forcément au adolescent que nous sommes. Après le suicide est quelque chose d'encore assez tabou je pense.
    Mais de mon point de vue finalement, je trouve que le sujet prête encore a réfléchir, et qu'il prête plus a réagir car être inadmissible.
    J’espère m’être exprimé correctement et avoir réussi a me faire comprendre



    avatar
    Oïa
    FémininAge : 27Messages : 57

    le Mer 29 Oct 2014 - 9:45

    Bonjour,

    Personnellement, je ne rejoins pas certains avis.
    Le fait de "parler" de suicide à des ados ne les renvois pas forcement à une envie enfouie, inconsciente.
    je ne pense pas que cela pourrait déclencher quoi que ce sois chez l'ado.
    On sais que si il veux "mettre fin à ses jours" il le fera, que quelqu'un en parle avec lui ou non, ce genre
    d'envie ça peut être, dans beaucoup de cas, une envie viscérale.
    je reste persuadé que tous ces jeunes ( bien dan leur peau pour la plupart) ne veulent pas mourir et ont même peur de ça.
    Alors avoir une vie de chien ( comme j'ai pu en avoir une) ne mène pas forcement à l'acte.

    Maintenant je peut comprendre l'engouement pour les forums RP, et je crois qu'en étant attentif on peut
    identifier le RPiste à son personnage, je crois qu'il se sert de son vécu, un petit peu quand même, pour faire évoluer
    son perso..
    Je trouve bien ce genre d forum, c'est libératoire et même si ce n'est que parle biais d'un perso, l'ado pose ses problème et reçois des réponses.. et si celles ci ne sont pas applicables IRL, au moins il est écouté.

    Je pense que c'est bien de mettre les ados fasse aux mauvaises choses de la vie, que ce sois le suicide ou autre chose, on ne dois pas les laisser dans l'ignorance et c'est bien de savoir les avis qu'ils ont sur ces sujets sensibles.

    *J'aurais aimé avoir ce genre de prof*[pense t'elle hs ]
    Je ne vous parle que de ce point la, car c'est de cela dont il s'agit, je ne suis pas doué pour les RP ni les longs discours.. et pardon pour les fautes,

    Voila mon avis.



    avatar
    Iliana
    FémininAge : 21Messages : 96

    le Jeu 6 Nov 2014 - 22:16

    Bonsoir bonsoir ! ♥

    Je viens apporter ma voix à ce débat, la question est vraiment intéressante ! D'autant qu'elle nous touche beaucoup en tant que rôlistes. On peut avoir différentes visions à propos de ça, bien sûr, mais je pense surtout qu'on ne peut pas vraiment partir sur une réponse claire, nette et définitive qui se dirigerait uniquement sur un "oui" ou un "non". Même si je me situe plutôt du côté du "non ce n'est pas dangereux", je me doute qu'on peut trouver des arguments allant dans le sens contraire. Je vais essayer de mettre en lien l'article et mon expérience de rôliste mais ça pourra être un peu confus, mea culpa >>

    Pour certaines personnes, écrire, c'est leur vie. C'est mon cas, c'est le cas pour beaucoup d'autres ; soit. Ecrire ça permet de se vider la tête, de s'évader, développer son imagination, laisser courir sur le papier toutes ces pensées qui s'entrechoquent dans notre tête et qui ne peuvent pas sortir autrement. Ca aussi, c'est subjectif, c'est clair ; mais pour la plupart des gens, écrire, c'est vraiment libérateur. C'est pas seulement mettre en scène des personnages, parfois c'est aussi mettre en scène une partie de nous.

    Bien. Avec cette base, nous pouvons continuer. Un jeu de rôle peut-il être dangereux ? Oui et non. Tout dépend de la personne, de son vécu. Quelqu'un peut s'identifier totalement à ses personnages, tout comme quelqu'un d'autre peut en être détaché -- ce n'est pas mon cas, c'est très difficile de ne pas faire partager ses propres pensées à ses personnages, après tout : c'est nous qui écrivons.

    Mais le réel danger est peut-être de se laisser entraîner plus loin dans nos écrits. C'est vrai, je peux le dire : je ne vis quasiment qu'au travers de mes textes, j'ai quasiment pas de vie, et franchement, ça m'aide à compenser un peu. Parce que ça me fait du bien, que ça m'aide à me comprendre, à m'écouter aussi un peu. Mais même si l'écriture peut se révéler un parfait défouloir, pour nous libérer des pensées négatives en parvenant à les mettre en mot, ils peuvent aussi, pour certaines personnes, révéler d'autant plus leur fragilité. Pour des ados, écrire un texte sur le suicide, ça peut être vu comme un jeu, tout comme un moyen de se libérer de son angoisse. Ca ne veut pas dire qu'il est suicidaire. Mais ça peut l'aider à essayer d'envisager, de comprendre, de toucher à la réalité. On comprend beaucoup de choses en écrivant... Mais si on se laisse trop entraîner, si on perd cette notion de réalité, c'est pas là que ça peut être dangereux ? Ou dans le message qu'on fait passer aux autres, consciemment ou pas ?

    Dans tous les cas, en parler avant, mettre par écrire, même par le biais d'un "autre" (dans l'article, l'adolescence qui dit s'être mise dans la peau d'une "fille mal dans sa peau, grosse, rejetée") permet sûrement de cibler ce qui nous inquiète ou nous angoisse. Ca permet peut-être de relativiser, aussi. Il y a à la fois distanciation et appropriation du texte par rapport à notre vécu. Cette distanciation est celle qui nous permet de comprendre, en tant que "se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre", que ce n'est justement pas nous qui parlons. Mais cette proximité, créée tout simplement par l'écriture, permet aussi de nous libérer de notre angoisse -- peut-être sans nous en rendre compte -- et de s'interroger -- inconsciemment ou non -- sur la question. (De toute manière, quand on écrit sur quelque chose, faute de toujours taper juste, on en a au moins des a priori plus ou moins proches de la réalité. Mais du coup, si on se pense informé et qu'en réalité on ne l'est pas... C'est là que ça coince.)

    La rédac' de ce professeur (pour en revenir au sujet éventuellement) peut-être mal interprétée. Je pense pouvoir affirmer que le but n'était pas de mettre ces collégiens dans une position inconfortable -- au contraire, il est louable de parler de tels sujets tabous ; d'autant que, malgré la maturité parfois assez basse des élèves de troisième, il est possible de parler de choses de la vie réelle sans qu'ils n'en ressortent traumatisés (dieu sait ce qu'ils font déjà sur le net, hein !) Parler du suicide avec ses élèves, ou au moins les faire réfléchir seul sur le sujet, ça peut être bien. À condition de le faire correctement. Toucher de tels sujets nécessitent d'en parler à côté (c'est comme causer de la sexualité sans évoquer la contraception en SVT ; ça peut sembler normal, mais faut le faire, et le faire bien.) D'autant que des collégiens mal dans leur peau, y en a des tonnes ; et comme l'ont déjà dit certains d'entre vous, un suivi pourrait même être mis en place si l'enseignant estime voir un problème.

    Mais là où le sujet fâche, c'est surtout que justement, la réalité de ce qu'on écrit peut parfois trop ressortir sur nous. C'est inconscient, souvent. (Puis ça peut donner des idées, hein, vraiment. Les gens sont comme ça, influençables. On a beau dire que "non on ne l'est pas", y a tout qui nous influence : ce qu'on lit, ce qu'on voit, ce qu'on entend, et surtout notre entourage proche.) Il faut y faire attention ; et là où les parents d'élèves n'ont pas eu tort, c'est à propos du choix du thème de l'enseignant. Il faut faire attention lorsqu'on manie l'"autobiographie" dans un texte. Personnellement, ça ne me choque pas ; ça ne semble pas choquer grand monde ici non plus, parce qu'on est tous plus ou moins habitués via nos jeux de rôles. (Ce qui, en soi, ne fait pas de nous des êtres profondément malsains, j'imagine.) Et tant qu'on reste conscients qu'un personnage reste un personnage, qu'un rôle reste un rôle, ça va, on est safe. Et on ne profite que du bon côté de l'écriture. Même si j'imagine que pour quelqu'un de joyeux et tout, ça doit pas être super facile (surtout s'il n'est pas habitué à écrire, comme pas mal d'élèves en 3e) d'écrire les raisons du "pourquoi on veut se suicider", même si c'est en parlant de quelqu'un d'autre. Ca peut décontenancer. Et amener à se poser des questions. Bref, tout dépend de la sensibilité de chacun ! Mais franchement, se poser des questions, je pense pas que ce soit mal. Trop, c'est sûr, ça vire à la catastrophe ; mais si on se contente de fermer les yeux, on ne grandira jamais, on apprendra jamais rien, et on restera à jamais des foutus moutons. Penser par soi-même, de nos jours, c'est pas donné à tout le monde visiblement... Et même si le collège/lycée est censé aider à développer cette capacité, j'ai un peu de mal à croire que ça marche, vu la réceptivité des fauves...

    Aussi, je suis d'accord avec Aron pour dire que l'intitulé du sujet était un peu trop restreint. Pourquoi forcer l'apprenti écrivain de choisir lui-même comment finirait cette rédaction ? C'est vrai, c'est triste. C'est peut-être ça le plus gros problème ; c'est super pessimiste, et je pense que le potentiel de défouloir/objet de questionnement existentiel n'est vraiment pas atteint dans sa formulation. (Araik le dit très bien d'ailleurs : c'est plus de la philo que du français, mais c'est bien de faire une petite ouverture, même à cet âge-là, je pense. Plus ils sont confrontés à ce genre de réflexion tôt, plus ils seront capables d'agir avec maturité si le contexte les amenait, plus tard, à se retrouver dans cette situation.) Le sujet est trop orienté sur une fin nette et définitive, déjà courue d'avance ; et c'est en cela qu'il est gênant pour moi. (Je plussoie aussi le côté chronophage de la chose ; ça mérite réflexion après coup...)

    Pour ce qui est des rôlistes, cette fois (promis j'ai presque fini ahah), je me situe plutôt du côté "Balancez la sauce !" Aucun intérêt à jouer un personnage plat et sans personnalité, je préfère largement en jouer un poils dépressif, légèrement toqués, tout ça tout ça. Selon moi, tout le monde vit avec ses démons, petits ou grands, et c'est ça qui nous construit en tant qu'être humain. Quelqu'un qui n'a vraiment aucun problème dans sa vie, ça n'est pas intéressant à jouer. Tant mieux pour eux, dans la vraie vie, hein ! Mais honnêtement, que celui qui n'a jamais été triste ou malheureux me jette la première pierre. (Et dans le même sens : que le rôliste qui n'aime pas martyriser son personnage se montre, hein Sad )

    Sinon, ben, j'ai pas tout lu parce que c'est long et que mes yeux fatiguent, mais la critique de Samhain me semble très complète ! (J'avoue avoir été attirée par le gros "EDUCATION" au début de ton avis, sachant que je comptais en parler dans mon pavé... Notamment le coup de l'autruche ; c'est un truc qui m'exaspère profondément dans la société actuelle. Quand je vois des gens capables de laisser un gamin de dix ans à l'extérieur du tram avec la main coincée dans la porte, franchement, ça me débecte prodigieusement, mais c'est pas grave. Bref c'est pas le sujet !) Ton dernier paragraphe encore plus, par ailleurs, rapport aux préjugés, au respect et tout ça. C'est une chose importante aussi, et j'ai beaucoup aimé la manière dont tu as expliqué tout ça !



    Bref, c'est pas ce qu'y a de plus complet, c'est un gros foutoir, mais je pense avoir plus ou moins fait le tour du sujet pour le moment xD En espérant ne pas avoir trop tapé à côté.
    J'espère que ça apportera quelque chose au débat, j'essaie de voir un peu tous les points de vue (même si c'est difficile dans certains côtés ;w;)

    Bonne soirée~
    avatar
    Scarevalion
    MasculinAge : 21Messages : 30

    le Lun 17 Nov 2014 - 22:34

    Hola voyageurs, j'me suis dit que je pouvais ptetre apporter mon grain de sel aussi, même si je ne pense pas vraiment apporter grand chose par rapport à tout ce qui a déjà été dit !

    Alors déjà, je commencerai pas dire un truc : Le mélo, c'est vraiment pas mon truc. Je considére personnellement que si on fait du RP, c'est pour se distraire, et que si on écrit des choses déprimantes et larmoyantes, ça ne va pas aider à sourire (à part si on est un gros sadique, c'est une possibilité. Mais si c'est du pur sadisme, je pense que la question ne se pose pas : Si le créateur ne rentre pas dans le personnage et ne pense qu'à le faire souffrir, il n'y a aucune chance pour qu'il s'y perde selon moi. Après, il y a aussi la possibilité qu'il soit masochiste mais... On ne va pas rentrer plus loin dans ce débat)

    Néanmoins, et je pense que je suis pas le seul à faire ce genre de choses, tous mes personnages ou presque ont au moins un traumatisme, et ceux qui n’en ont pas ont des caractéristiques qui font qu’ils sont regardés assez étrangement par le reste de la société. Alors, j’avouerai que je suis un sadique, il n’y a aucune raison de cacher ce fait, mais j’aime tout de même beaucoup mes persos. Alors pourquoi, pourquoi les faire souffrir plus qu’il serait nécessaire ? J’pense que la raison est simple, et sera la même pour une grande partie de la population rôliste. Ajouter du piquant. Ca a déjà été dit : Jouer un ado qui a perdu toute sa famille dans un incendie, c’est plus intéressant que jouer un ado basique.

    Maintenant, peut-on dire que c’est dangereux… Au départ j’allais dire non, parce que je suis un fondamentaliste qui défend l’idée que les jeux vidéos ne rendent pas violents, donc un jeu d’écriture ne devrait pas provoquer de dépression, mais en fait je dirais que ça dépend. Tout comme je pense qu’un jeu vidéo peut être le déclic si une personne vit déjà dans un environnement dangereux, il est également possible que l’auteur s’assimile à son personnage si elle est dans un milieu propice à ce que les choses s'aggravent. Je m’explique : Une personne qui vit dans un environnement déprimant, qui a des jours déprimants, et qui en plus, une fois arrivée à sa distraction du soir, écrit des trucs déprimants… Pour moi, ça n’aidera pas. Mais je pense pas que ça puisse être un déclencheur pour quelqu’un qui se sentirait parfaitement bien. Il m’est déjà arrivé d’écrire des suicides parce que mes compagnons de RPs voulaient pas que mon personnage disparaisse sans rien dire, et que ce serait plus cohérent, bah je l’ai fait. C’est pas réjouissant, ça m’a presque arraché une larme, mais honnêtement j’ai plus déprimé pendant les semaines avant à voir mon personnage dépérir lentement parce que j’arrivais plus à m’en occuper.

    Néanmoins, et je rentre un peu dans le hors sujet là (et je suis désolé si ça a déjà été dit avant, j’ai lu rapidement >.< ), mais j’ai tendance à remarquer que les personnes qui se sentent mal dans leur vie de tous les jours ont tendance à retranscrire ça dans leurs RPs. J’connais quelques personnes qui souffrent de dépression et qui n’écrivent QUE des RPs tournant dans le mélodrame. A tel point que ça se ressent même dans les RPCBs qui commencent en être fun donc… En voyant ça, j’aimerais modérer mon propos, parce que je me dis qu’au fond ils s’en servent peut-être d’éxutoire, de recueil de leurs idées noires. Donc peut-être également que ça leur permet de leur sortir ça de la tête, comme une bonne discussion avec des gens de confiance peut apporter plus de soins que n’importe quel anti-dépresseur. On le sent, que je réfléchis en écrivant et que j’avais rien prévu à la base ?

    Tout ça pour dire que je pense que c’est un problème compliqué, auquel on ne peut appliquer un non ou un oui catégorique. Je pense pas avoir apporté grand chose au schmilblick, mais j’ai lu le sujet et “Mince, j’dois réagir” est apparu dans mon cerveau x)
    avatar
    Sammy Sou
    FémininAge : 24Messages : 34

    le Mar 18 Nov 2014 - 22:27

    Mes cours de philosophie remontent à loin, mais pourquoi pas, il y a longtemps que je n’ai pas écrit sur ce genre de sujet.

    Alors il est vrai que le suicide est un sujet assez tabou dans notre société, chose qu’il m’est difficile de comprendre. Les gens préfèrent visiblement fermer les yeux dessus et pourtant c’est quelque chose de très important, si le sujet était plus souvent abordé, peut-être que cela règlerait certains problèmes d’entrée de jeu. Je considère comme Makuro que le plus gros du problème n’est pas de pousser les gens à écrire là-dessus, mais bien de préférer le cacher aux yeux des autres. On ne se pose pas des questions après que le pendu se soit passé la corde au cou, il faut agir avant. L’adolescence est une période de changement et son impact sur le reste de la vie est imposant, je préfère que les ados de cet âge affrontent la noirceur du monde en éducation/avec d’autres personnes pour leur faire comprendre/les soutenir que seuls.

    Peut-être est-ce le côté ‘parler de soi-même’ qui dérange. Un rôliste se détache de son personnage, je ne connais personne qui se joue lui-même sur un forum – certains doivent se baser sur leurs vies au quotidien, mais j’avoue que je trouve cela un peu bizarre -. C’est plus facile d’écrire ainsi, au final c’est toujours plus intéressant de créer des personnages et les faire vivre au travers de nous-mêmes. Pour moi l’erreur du professeur a été de pousser les jeunes à écrire comme pour eux-mêmes, ce qui peut en rebuter plusieurs. Le présenter comme un exercice du genre : Que dirais-tu à quelqu’un qui veut se suicider pour le convaincre de ne plus le faire ? serait peut-être plus intéressant. Le but ici étant non pas de se concentrer sur le négatif, mais pousser sur le positif. De l’autre côté, cela détruit peut-être l’immersion de l’exercice, qui au final est un bon moyen d’essayer de se mettre dans la peau d’une personne qui souffre. Tenter de prendre la place de l’autre n’est jamais facile ou complet, mais cela permet au moins de comprendre la surface du problème et pousser à l’empathie. Je ne suis pas choquée du sujet en soi, les adolescents de cet âge ont déjà probablement été confrontés à d'autre sujet comme la sexualité et autre, le suicide devrait en faire parti.

    Pour ce qui est des personnages torturés, maintenant que j’y pense, je n’en ai pas joué beaucoup. Néanmoins la majorité de mes personnages passent par des situations peu agréables et je considère aussi que c’est plus intéressant que de jouer quelqu’un chez qui tout va bien. Pourquoi ?

    Parce que la vie est comme ça. Je doute qu’il y ait des gens capables de se vanter que leur vie est parfaite et facile. Certains l’ont plus compliqué, mais au final tout le monde passe dans l’engrenage. C’est plus facile de créer/s’attacher à un personnage qui vit des belles choses et des évènements difficiles parce que ça les rends tout simplement humain. Ils permettent de s’approcher de sujets plus difficiles et d’extérioriser certaines pensées. Leurs situations exceptionnelles les rendent spéciaux et permettent beaucoup de développements intéressants pour la suite.

    Eeeet je pense que c’est tout. J’ai lu tous les messages, mais je n’y ai pas répondu personnellement parce que j’avais peur de me perdre un peu dans ce flot d’opinions, néanmoins je les trouve tous intéressants et je partage certains de vos avis sur le sujet.


    avatar
    Cruelly
    FémininAge : 24Messages : 2547

    le Mer 26 Nov 2014 - 8:55

    Bonsoir,

    Pour ma part je suis pour et contre, j'ai un avis assez mitiger sur le sujet et je vais vous expliquer pourquoi.

    Lorsque j'avais 13 ans, je suis partie vivre chez mon père. Je me disais enfin nous allons vivre ensemble sa va être génial. J'avais très hâte, jusqu'à ce que ce soit le cas. Lorsque j'ai déménager avec lui, ont avaient changer de ville. J'ai changer d'école et je ne connaissais personne dans cette nouvelle école. Pour vous mettre en situation j'ai toujours été différente des autres, la petite fille toujours vêtu de noir c'était moi. Celle qui écoutait du métal, c'était moi aussi. Dans mon ancienne école j'avais beaucoup d'amis on peut même dire que j'étais populaire. En changeant d'école je suis tomber au bas de l'échelle. Je n'avais plus aucun amis. Le genre d'amis que j'avais dans mon ancienne école étaient devenue des bourreaux qui a chaque jours ajoutais un clou dans ma tombe. Pour ne rien arranger, mon père travaillait a l’extérieur et dans les premières année je ne m'entendais pas bien avec sa conjointe, je la détestais a vrai dire. Je me sentais inutile. Les seuls moments de répit que j'avais c'était quand je retournais dans mon ancienne ville mais j'avais changer. Ma vision de moi même avait changer alors même sa, sa n'aidait plus. Je me souviens j'avais écris un texte du même genre que le professeur a demander a ses élèves, mais pour ma part ce n'était pas de l'imaginaire c'était ce que je vivais réellement. Mon père a trouver ce texte, enfaîte je crois que je voulais qu'il le trouve. J'étais au bout du rouleau. Je me trouvais inutile, sans talent et je ne trouvais plus ma place dans ce monde. Je ne savais pas pour qui j'étais utile, pour qui je comptais réellement. Mon père c'est assis avec moi dans mon lit. Il ma regarder et ma simplement dit ; tu compte pour quelqu'un. Tu compte pour moi. C'est mots mon énormément aider. On en na jamais réellement longtemps parler ensemble mais le seul fait de me dire que je comptais pour lui ma aider a me ressaisir et de voir que j'étais importante. Encore aujourd'hui il m'arrive de faire des rechutes. Je ne suis plus la même que j'étais avant. Je n'ai plus autant confiance en moi. Cet expérience ma profondément marquer et je la traînerai toute ma vie je crois.

    Quelques années plus tard, un de mes professeurs a aborder exactement le même sujet. On devait se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre. Pour ma part j'ai retranscrit mon histoire. Pour être honnête, mes parents n'ont rien su de cette production et avant de commence ra l'écrire j'ai eu énormément peur de retomber dans ses sentiments négatif. Ce ne fut pas le cas ce texte m'aida énormément. Le fait de partager ce que j'avais vécu avec quelqu'un d'autre par écrit ma fait énormément de bien, comme sa m'en fait présentement.

    Bref, pour en revenir au sujet principal, je crois que ce type de travaux peut être bénéfique et néfaste. Pour moi il a été bénéfique, mais une autre personne qui aurait vécu ce genre de situation peut réagir de manière très négative a ce genre de rédaction. Je crois aussi que pour un jeune qui n'a jamais vécu cette situation, ce genre de texte peut être bénéfique car justement on prend conscience d'un problème social rependu partout dans le monde et d'une problématique qui est souvent vécu par les jeunes et causer par l'intimidation. Il faut bien sur que le jeune comprennent que ce n'est pas de lui qu'on parle mais des raisons qui pousse un individus a se donner la mort. C'est un sujet sensible mais qui, selon moi, devrai être aborder plus souvent dans nos écoles. Au Québec on parle beaucoup d'intimidation mais pratiquement pas de suicide et on devrai.

    J'aimerai aussi parler des personnages extrême, selon moi c'est personnages sont très intéressant a jouer et tend que nous distinguons la fiction du réel tout va pour le mieux. Si on mélange les deux et qu'on perd de vie sa vie réel c'est là qu'est le danger.

    Pour faire une conclusion, pour moi ce type de rédaction peut être nuisible selon le degré d'implication de la personne mais aussi selon son vécu personnelle. Je ne crois pas que pour un adolescent "normal" qui n'a jamais vécu ce genre de situation puisse être affecter réellement par un texte comme ça, car c'est de la fiction.
    avatar
    Blood Empire
    FémininAge : 25Messages : 27

    le Sam 4 Juil 2015 - 11:06

    Bonjour =)

    Pour ma part je vais être surement plus concise que la plupart d'entre vous : je pense que comme tout, l'écriture est une question de mesure. Paracelse, un grand alchimiste et père fondateur de la chimie moderne a dit en son temps : "Rien est poison, tout est poison, c'est la dose qui fait le poison". Je pense que ça résume bien. La dangerosité de toute chose vient de l'extrémisme. Je pense que si l'on joue de façon raisonnable, avec un investissement mesuré et une conscience explicite de la réalité, il n'y a pas de risque de dérives.

    Quand en revanche on se comporte avec le RP comme un échappatoire, une priorité, quelque chose qui nous raccroche à la vie ou nous donne de l'espoir, quand on y accorde plus de foi et d'importance que ça en a en réalité, en fait, je pense que là on peut partir dans la dérive. Mais ça s'applique à toute chose -> regarder le film La Vague, c'est très explicite sur comment quelque chose marrant et conviviale au début peu basculer dans l'horreur.
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